Jérôme


Livres Couvertures de Jérôme
4.45 étoiles sur 5 de 49 Commentaires client

Jérôme - Entre détracteurs enragés et admirateurs fascinés, Jérôme est de ces romans qui interdisent la modération. L'histoire est pourtant simple : obsédé par Polly, la jeune fille qu'il croit aimer, Jérôme Bauche se lance dans une quête hallucinée à travers une ville étrange, un peu Paris un peu Saint-Pétersbourg. Tel Dante, il s'enfonce irrémédiablement vers l'enfer, et nous y entraîne avec lui. De gré ou de force. Depuis des années, Jérôme était devenu introuvable et on ...

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Détails Jérôme

Le Titre Du LivreJérôme
AuteurJean-Pierre Martinet
ISBN-102363390962
EditeurFinitude
Catégoriesrécits
Évaluation du client4.45 étoiles sur 5 de 49 Commentaires client
Nom de fichierjérôme.pdf
La taille du fichier29.07 MB


14 mars 2014
[…] C’était une chaussure de femme à talon plat. La semelle était légèrement décollée. Une chaussure blanche. Pointure moyenne. J’ai fondu en larmes, brusquement, j’ai lâché la chaussure et je suis parti en courant. Impossible de savoir qui avait porté cette chaussure ? une blonde, une brune, une jeune femme ? En quelle année ? Et combien de temps ? Sous quel ciel ? Avec quels rêves ? Amours déçues ? Amours comblées ? Morte, peut-être ? Ou en train d’agoniser sur un lit d’hôpital ? Folle ? Tuberculeuse ? Ou, au contraire, pleine d’entrain, de joie de vivre ? Des enfants ? Une petite file, peut-être ? Des garçons ? Où donc était l’autre chaussure ? Pourquoi cette séparation cruelle ? Perdue dans un terrain vague ? Jetée dans un vide-ordure ? Attachée à sa sœur ? Je n’arrivais pas à arrêter l’hémorragie. Toute l’horreur, toute la beauté du monde, toute l’horreur de vivre dans ce morceau de cuir blanc. Toute l’horreur. Toute la joie. + Lire la suite

16 mars 2015
Un léger réchauffement s'annonçait: le retour du printemps, peut-être. On irait vers l'été, les brumes se dissiperaient, elle emporteraient avec elles la cité pourrie, visqueuse, les marécages, les cercueils gluants de boue du cimetière Kolokovo, tout cela s'évanouirait dans l'air tiède comme un mauvais rêve, et on irait vers l'été, les jours interminables, la joie interminable, les rires de fillettes sous les marronniers, boucles d'or, petits riens, feuilles, cailloux blancs, rubans, papier crépon, tarlatane, fanfreluches, trésors dérisoires des placards et des tiroirs. Chandails endormis, corsages des mortes. Oreillers brodés avec la forme d'une tête chérie. La joie verte le ciel vert les femmes avec leur corps unique solitaire, on irait vers l'été les collines la mer les odeurs d’œillets sauvages dans les dunes.Soudain, j'ai eu l'impression que Solange, encore une fois, chuchotait à mon oreille. Le pou a dévoré l'univers. Oui il a. Il l'a fait. Il a a a. + Lire la suite

19 septembre 2012
Comment le monde littéraire français avait-il osé, sans rougir, faire disparaître Jean-Pierre Martinet? Comment Jérôme ne compte-t-il pas encore parmi les chefs d'oeuvre du 20° siècle? Ce roman monstre s'avère un délicieux cloaque dans lequel j'ai pataugé avec délectation. J'ai pensé à Céline et ses éructations, à Dostoievski et ses culpabilités baveuses; Martinet soutient la comparaison avec une plume qui n'appartient qu'à lui. Pris au piège d'une prose serrée qui ne respire jamais (l'altitude n'appartient pas à l'univers de Martinet), le lecteur ne peut que poursuivre sa lecture en apnée et suivre le gros Jérôme en bas. Toujours plus bas. Dans des obsessions gluantes et des pérégrinations alcooliques. En ne cessant d'admirer son créateur.