Est-ce ainsi que les hommes jugent ?


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Est-ce ainsi que les hommes jugent ? - Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière. Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont d...

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Détails Est-ce ainsi que les hommes jugent ?

Le Titre Du LivreEst-ce ainsi que les hommes jugent ?
AuteurMathieu Menegaux
ISBN-102246817439
EditeurGrasset
Catégoriesdramatique
Évaluation du client4.2 étoiles sur 5 de 10 Commentaires client
Nom de fichierest-ce-ainsi-que-les-hommes-jugent.pdf
La taille du fichier25.97 MB


07 mai 2018
Après avoir lu les 2 premiers romans de cet auteur, c'est sans aucun doute négatif que j'ai commencé la lecture de celui ci, et bien m'en a pris, je reste fan de cet auteur. Ce roman est écrit avec une justesse de ton , une urgence absolue de tourner les pages et pourtant écrit sans précipitation. M.Menecaux ausculte notre duo police -justice au travers d'une histoire horrible certes, mais aussi de sa brutalité. Trois années après ce que l'on appelle malencontreusement un sordide fait divers, et alors qu'un policier a promis à la petite victime d'arrêter le type qui l'a rendue orpheline , un faisceau d'indices désigne un coupable. Dés lors la mécanique s'enclenche dés 6h du matin, arrestation, perquisition, la femme , les enfants en vêtements de nuits effarés et désemparés. On a lu et imaginé ces scènes très souvent. C'est grâce à son épouse maniaque de l'ordre et qui par peur de manquer garde tout (même ce qu'il vaudrait mieux garder effectivement) que l'homme en sort blanchi par la justice, mais c'est sans compter le désespoir de l ‘ orpheline qui veut son coupable , en cela aidée par une journaliste d'investigation coriace et qui se croit tout permis. Les réseaux sociaux s'emparent de l'affaire, et la traque recommence… Jusqu'où un homme « normal » peut il supporter une telle violence ? M.Menegaux nous livre une fin qui aurait du être tragique. Pense t'on assez souvent à tous ces gens exhibés comme coupables et que l'on renvoie après dans leur foyer, s'il existe encore ? Et que dire des réseaux sociaux qui se transforment en cloaque et veulent dicter à la Justice la conduite à tenir ! L'auteur traduit bien tout ce circuit angoissant, il reste calme, et c'est pourtant un roman. Un beau roman. + Lire la suite

10 mai 2018
Depuis le choc Je me suis tue, son premier roman, on connaît l'habileté de Mathieu Menegaux à faire monter la tension et à décortiquer de façon implacable un engrenage dramatique. En bon observateur de la nature humaine, il parvient à mettre le doigt sur les rouages psychologiques, les faux-semblants, les erreurs d'interprétation ou d'aiguillage qui conduisent à une situation inextricable. J'ai fait l'impasse sur son deuxième roman, échaudée par les commentaires laissant entendre que, si le résultat était intéressant, le processus ressemblait trop au premier. Alors ? Qu'en est-il de ce nouvel opus ? D'engrenage il est toujours question. Il n'y a qu'à lire le titre pour l'imaginer. de justice également et de cette ligne si fragile qui sépare un coupable d'un innocent. Dans Est-ce ainsi que les hommes jugent ? C'est la justice qui est au centre du propos et surtout les hommes : ceux qui sont chargés de la servir et ceux qui se croient autorisés à la rendre. Ironie de la part de l'auteur, le "client" de cette justice, Gustavo Santini est d'origine argentine, un pays où le mot justice n'a pas toujours eu la même signification qu'en France, pays des libertés. Gustavo, donc est tranquillement chez lui en famille lorsque les policiers débarquent et transforment sa vie en cauchemar. Perquisition musclée, garde à vue, interrogatoire poussé... le cadre d'une entreprise florissante, chef de famille sans problème est brusquement transformé en suspect d'un homicide survenu trois ans plus tôt sur le parking d'un centre commercial et qui a laissé une adolescente orpheline. Suspect ? C'est plutôt en coupable que Gustavo est traité. Au diable la présomption d'innocence après tout, les indices matériels sont terribles et le commandant Defils n'a pas l'intention de lâcher son homme. Trois ans qu'il piste l'assassin. Depuis qu'il a promis à la jeune orpheline de faire payer le coupable... Là où Mathieu Menegaux est fort c'est qu'il a beau nous présenter Gustavo comme un innocent dès le départ, on en vient petit à petit à douter au gré de l'avancée de l'enquête. Il y a des pièces à conviction. Il y a des coïncidences étonnantes. La seule qui ne doute pas c'est Sophie, la femme de Gustavo. Mais bon... c'est sa femme. Pourtant, tout le monde se trompe. Ce n'est plus l'institution judiciaire qui établit la culpabilité ou l'innocence. Peu importent les présomptions, les preuves, les résultats des investigations. Désormais les médias sont tout puissants. le peuple s'exprime à travers eux, via les réseaux sociaux. le peuple décide. le peuple juge. Lève ou baisse le pouce. Une fois encore, Mathieu Menegaux utilise les failles humaines tout au long d'un parcours censé permettre d'établir la vérité mais sans cesse brouillé par des événements perturbateurs. Même si le thème du cauchemar de l'innocent broyé par la justice n'est pas nouveau, l'éclairage du rôle joué par la justice médiatique parallèle est salutaire. Et nous renvoie à nos propres réactions : à partir de quels éléments jugeons-nous ? Des faits ? Des preuves ? Des images ? Quels sont les dangers d'une perte de confiance des citoyens dans la justice ? Quelle exploitation de ces failles pourraient faire des organisations mal intentionnées ? L'impact de ce roman n'est plus lié à l'effet de surprise qui faisait le sel de Je me suis tue mais plutôt à l'enchaînement de questionnements qu'il déroule. On le lit en apnée, d'une traite. Il n'a rien d'extrêmement nouveau mais il a le mérite de clarifier un certain nombre de sensations et d'intuitions que nous avons tous eues. Et puis, personnellement, il m'a confortée dans ma manie de garder précieusement mes tickets de carte bleue... Lien : http://www.motspourmots.fr/2.. + Lire la suite

12 mai 2018
Après la terrible descente aux enfers De Claire dans « Je me suis tue » (Ed.Grasset, 2016 – Ed.Points, 2017) et la redoutable quête de justice de Daphné dans « Un fils parfait » (Ed.Grasset, 2017 – Ed.Points, 2018), Mathieu Menegaux récidive avec un thème qui lui est cher : l'injustice. Cette fois, c'est Gustavo, homme ordinaire, sans histoire, marié et père de deux garçons, qui sera broyé par l'implacable engrenage de la machine judiciaire. Incontestablement, on retrouve la patte de l'auteur : une écriture vive et percutante et un écrit qui parvient à intriguer et tenir en haleine. le sujet n'est, toutefois, pas d'une grande originalité – l'erreur judiciaire étant abordée dans de nombreux romans, séries Tv ou films avec une issue quasi similaire – mais la construction est passionnante. En effet, la parole est donnée aux différents protagonistes (victimes, policiers, témoin) révélant leurs points de vue et justifiant leurs actions – chacun étant accaparé par ses propres obligations et préoccupations. La dimension de l'impact collectif de l'affaire est également finement abordée avec l'importance des réseaux internet qui déclenchent et entretiennent des vindictes populaires lourdes de conséquences. Le ton du roman est crescendo, l'engrenage poignant, les pages se tournent pour découvrir ce qui va suivre. On doute, on espère, on désespère aussi. le récit interpelle ; ce pourrait être nous la victime, notre famille, il suffit d'un grain de sable pour que tout s'enraye.  Ce roman n'égale pas « Je me suis tue » qui demeure pour moi le meilleur roman de l'auteur, mais il est une  lecture addictive que je recommande. Lien : http://aufildeslivresblogetc.. + Lire la suite