Carmen


Livres Couvertures de Carmen
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Carmen - Carmen, histoire espagnole? Pas dans l'esprit de Mérimée, qui contourne avec ironie l'hispanisme castillan des romantiques et montre les confins de la péninsule: en Andalousie, entre Séville et Gibraltar, l'amour fou d'un Basque déraciné pour une enfant de Bohème, sans patrie ni attaches. Passion des extrêmes: José, brigadier-brigand, et Carmen, actrice aux visages multiples. Passion pour la liberté, qui en cache une autre, plus profonde, que révèle cette nou...

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Détails Carmen

Le Titre Du LivreCarmen
AuteurProsper Mérimée
ISBN-102072775981
EditeurGallimard
Catégoriestragédie
Évaluation du client3.56 étoiles sur 5 de 650 Commentaires client
Nom de fichiercarmen.pdf
La taille du fichier27.61 MB


11 février 2014
On ne s'ennuyait pas auprès de cette fille-là, je vous en réponds. Le soir vint, et j'entendis les tambours qui battaient la retraite. - Il faut que j'aille au quartier pour l'appel, lui dis-je. - Au quartier? dit-elle d'un air de mépris; tu es donc un nègre, pour te laisser mener à la baguette? Tu es un vrai canari, d'habit et de caractère. Va, tu as un cœur de poulet. (...) Elle disait vrai. ]'aurais été sage de ne plus penser à elle; mais, depuis cette journée dans la rue du Candilejo, je ne pouvais plus songer à autre chose. Je me promenais tout le jour, espérant la rencontrer. J'en demandais des nouvelles à la vieille et au marchand de friture. L'un et l'autre répondaient qu'elle était partie pour Lalorol, c'est ainsi qu'ils appellent le Portugal. Probablement c'était d'après les instructions de Carmen qu'ils parlaient de la sorte, mais je ne tardai pas à savoir qu'ils mentaient. (...) A présent (dit-elle), je n'aime plus rien, et je me hais pour t'avoir aimé. Je me jetai à ses pieds, je lui pris les mains, je les arrosai de mes larmes. Je lui rappelai tous les moments de bonheur que nous avions passés ensemble. Je lui offris de rester brigand pour lui plaire. Tout, monsieur, tout; je lui offris tout, pourvu qu'elle voulût m'aimer encore! Elle me dit : - T'aimer encore, c'ešt impossible. Vivre avec toi, je ne le veux pas. La fureur me possédait. Je tirai mon couteau. ]'aurais voulu qu'elle eût peur et me demandât grâce, mais cette femme était un démon. - Pour la dernière fois, m'écriai-je, veux-tu rester avec moi ! - Nonl non! nonl dit-elle en frappant du pied. Et elle tira de son doigt une bague que je lui avais donnée, et la jeta dans les broussailles. Je la frappai deux fois. (...) L'ermite était un saint homme. Il a prié pour elle ! Il a dit une messe pour son âme... Pauvre enfant! Ce sont les Calé qui sont coupables pour l'avoir élevée ainsi. + Lire la suite

13 février 2015
Dans l'art de nous embarquer dans les folies des femmes fatales, celles qui savent user de leur pouvoir de séduction pour mettre le monde à leurs pieds, celles qui, conscientes de tous les atouts que leur dispose leur féminité, n'hésitent pas, alors sans pitié, à écraser les hautes épaules de l'homme qui tentera de se laisser éblouir par leur piège bien maquillé, celles qui savent poignarder en souriant, Carmen ne s'épargne pas à cette catégorie de femmes, il faut dire que l'auteur nous la sert avec autant de dextérité qu'on se demande à quelle époque appartient cette femme qui est meneuse de jeux dans ce monde des contrebandiers. En effet, Carmen est celle qui affronte en premier le danger dans sa bande de contrebandiers, elle initie les plans, détectent des proies potentielles d'autant plus qu'elle sait faire intervenir ses beaux sourires au moment qu'il faut, ce qui a justement fait tourner la tête à Jose de Maria, un brigadier qui s'est facilement converti en contrebandier ensuite en un assassin, simplement parce qu'il est tombé dans les mailles de cette séduction de Carmen, de cet amour naîtra une espèce de prison pour José de Maria, et aussi pour Carmen car cet attachement deviendra peu à peu source d'un crime passionnel... Une facette bien dangereuse de la femme dangereuse auprès de laquelle la vie devient inévitablement dangereuse, une belle nouvelle qu'on lit avec plaisir tant le récit nous tient en haleine avec ce vilain personnage qu'est Carmen, qui, en fait ne représente qu'une mode de vie d'un peuple, les bohémiens, que, parfois, on est tenté de se demander, après avoir lu toute cette dernière partie sur les bohémiens, si Mérimée, lui-même n'était pas tombé dans le filets d'une bohémienne? et à quel degré? + Lire la suite

14 février 2014
J'ai comparé les moments clefs de l'histoire entre la nouvelle de Mérimée et l'opéra de Bizet. Mérimée écrit à travers un récit "exotique" d'un voyageur rapportant lui-même le récit qu'il a recueilli, et notre perception de Carmen en est distanciée. Meilhac, Halévy et Bizet, sans négliger le pittoresque espagnol et gitan, nous mettent en la présence physique de Carmen et en font d'emblée un personnage universel de la femme séduite, abandonnée et fière. Cet universalisme explique peut-être que Carmen l'opéra soit connu et admiré dans le monde entier, tandis que dans le monde entier on ignore la nouvelle et le nom de Mérimée, alors que personne n'oublie que La Traviata nous vient de Dumas et Roméo et Juliette de Shakespeare ! Mérimée : On ne s'ennuyait pas auprès de cette fille-là, je vous en réponds. le soir vint, et j'entendis les tambours qui battaient la retraite. - Il faut que j'aille au quartier pour l'appel, lui dis-je. - Au quartier? dit-elle d'un air de mépris; tu es donc un nègre, pour te laisser mener à la baguette? Tu es un vrai canari, d'habit et de caractère. Va, tu as un coeur de poulet. Bizet : CARMEN Je vais danser en votre honneur, Et vous verrez, seigneur, Comment je sais moi-même accompagner ma danse. Mettez-vous là, Don José, je commence! La-la-la-la . (Elle danse et fredonne en s'accompagnant des castagnettes. Don José la regarde en extase. De très loin,on entend des claírons qui sonnent la retraite. Don ]osé prend le bras de Carmen et 1'oblige à s'arrêter.) CARMEN Au quartier! pour l'appel! Ah, j'étais vraiment trop bête! Je me mettais en quatre et je faisais des frais Pour amuser monsieur! je chantais ... je dansais Je crois, Dieu me pardonne, Qu'un peu plus, je l'aimais _ . . Taratata, c'est le clairon qui sonne! Il part! il est parti! Va-t'en donc, canari. (avec fureur, lui envoyant son s/va/eo à la volée) Tiens! Prends ton shako, ton sabre, ta giberne, Et va-t'en, mon garçon, retourne à ta caserne. (...) Elle disait vrai. ]'aurais été sage de ne plus penser à elle; mais, depuis cette journée dans la rue du Candilejo, je ne pouvais plus songer à autre chose. Je me promenais tout le jour, espérant la rencontrer. J'en demandais des nouvelles à la vieille et au marchand de friture. L'un et l'autre répondaient qu'elle était partie pour Lalorol, c'est ainsi qu'ils appellent le Portugal. Probablement c'était d'après les instructions de Carmen qu'ils parlaient de la sorte, mais je ne tardai pas à savoir qu'ils mentaient. DON JOSE Tu me dis de la suivre Pour que toi tu puisses courir Après ton nouvel amant. Non! non, vraiment, Dût-il m'en coûter la vie, Non, Carmen, je ne partirai pas, Et la chaîne qui nous lie Nous liera jusqu'au trépas ... (...) A présent (dit-elle), je n'aime plus rien, et je me hais pour t'avoir aimé. Je me jetai à ses pieds, je lui pris les mains, je les arrosai de mes larmes. Je lui rappelai tous les moments de bonheur que nous avions passés ensemble. Je lui offris de rester brigand pour lui plaire. Tout, monsieur, tout; je lui offris tout, pourvu qu'elle voulût m'aimer encore! Elle me dit : - T'aimer encore, c'ešt impossible. Vivre avec toi, je ne le veux pas. CARMEN Tu me demandes l'impossible, Carmen jamais n'a menti, Son âme reste inflexible. Entre elle et toi, c'est fini jamais je n'ai menti. Entre nous, tout est fini! DON JOSE Carmen, il est temps encore, O ma Carmen, laisse-moi Te sauver, toi que j'adore, Et me sauver avec toi. CARMEN Non, je sais bien que c'est l'heure, Je sais bien que tu me tueras, Mais que je vive ou que je meure, Non, non, non, je ne te céderai pas. DON JOSE Carmen, il est temps encore, O ma Carmen, laisse-moi Te sauver, toi que j'adore, Et me sauver avec toi. CARMEN Pourquoi t'occuper encore D'un coeur qui n'est plus à toi? En vain tu dis: je t'adore, Tu n'obtiendras rien de moi. C'est en vain. La fureur me possédait. Je tirai mon couteau. ]'aurais voulu qu'elle eût peur et me demandât grâce, mais cette femme était un démon. - Pour la dernière fois, m'écriai-je, veux-tu rester avec moi ! - Nonl non! nonl dit-elle en frappant du pied. Et elle tira de son doigt une bague que je lui avais donnée, et la jeta dans les broussailles. Je la frappai deux fois. DON JOSÉ Je suis las de te menacer. CARMEN Eh bien! frappe-moi donc ou laisse-moi passer. CHOEUR Victoire! victoire! DON JOSE Pour la dernière fois, démon, Veux-tu me suivre? CARMEN Non! non! Cette bague autrefois tu me l'avais donnée, Tiens ... (Elle la jette a la volée. ) DON JOSÉ (en frappant Carmen) Eh bien, damnée ... (Carmen tombe morte. Fanfares et choeur dans l'arène.) (...) Et Mérimée de conclure sur une morale bien conservatrice : L'ermite était un saint homme. Il a prié pour elle ! Il a dit une messe pour son âme... Pauvre enfant! Ce sont les Calé qui sont coupables pour l'avoir élevée ainsi. + Lire la suite