Mateo Falcone et autres nouvelles


Livres Couvertures de Mateo Falcone et autres nouvelles
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Mateo Falcone et autres nouvelles - Un notable corse qui n'hésite pas à tuer son fils coupable d'avoir dénoncé titi bandit aux gendarmes, un roi de Suède qui prophétise l'assassinat de son successeur, un jeune officier insouciant qui découvre les horreurs de la guerre, une révolte sur un négrier, un combat naval où l'on expie une déloyauté aux cartes, des matadors mourants. Dans les nouvelles de MosaicIzie, Mérimée fait le tableau de l'énergie individuelle poussée à son comble, en crimes et en vertus....

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Détails Mateo Falcone et autres nouvelles

Le Titre Du LivreMateo Falcone et autres nouvelles
AuteurProsper Mérimée
ISBN-102277300985
EditeurJ'ai Lu
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.43 étoiles sur 5 de 117 Commentaires client
Nom de fichiermateo-falcone-et-autres-nouvelles.pdf
La taille du fichier19.84 MB


30 avril 2014
Je renoue avec les nouvelles de Prosper Mérimée, des classiques qui ne m'avaient pas impressionnée lorsque je les ai lus au lycée. Cette nouvelle est intéressante, sans plus, et il m'est difficile de développer. Plume classique, descriptions engageantes. Mais une histoire qui m'a parue convenue, un brin caricaturale, voire condescendante, pour ces Corses fiers au delà de toute mesure, ces Corses vivant dans les maquis, et j'en passe. Je dis rarement cela, mais voilà un texte qui me semble avoir mal vieilli, et je ne change donc pas l'opinion que je m'étais faite de cet auteur il y a quelques décennies, tant pis.

06 mai 2018
En sortant de Porto-Vecchio et se dirigeant vers l’intérieur de l’île, on voit le terrain s’élever assez rapidement, et après trois heures de marche par des sentiers tortueux, obstrués par de gros quartiers de rocs, et quelquefois coupés par des ravins, on se trouve sur le bord d’un mâquis très-étendu. Le mâquis est la patrie des bergers corses et de quiconque s’est brouillé avec la justice. Il faut savoir que le laboureur corse, pour s’épargner la peine de fumer son champ, met le feu à une certaine étendue de bois : tant pis si la flamme se répand plus loin que besoin n’est, arrive que pourra ; on est sûr d’avoir une bonne récolte en semant sur cette terre fertilisée par les cendres des arbres qu’elle portait. Les épis enlevés, car on laisse la paille, qui donnerait de la peine à recueillir, les racines qui sont, restées en terre sans se consumer poussent au printemps suivant des cépées très-épaisses, qui en peu d’années parviennent à une hauteur de sept ou huit pieds. C’est cette manière de taillis fourré que l’on nomme mâquis. Différentes espèces d’arbres et d’arbrisseaux le composent, mêlés et confondus comme il plaît à Dieu. Ce n’est que la hache à la main que l’homme s’y ouvrirait un passage, et l’on voit des mâquis si épais et si touffus, que les mouflons eux-mêmes ne peuvent y pénétrer. Si vous avez tué un homme, allez dans le mâquis de Porto-Vecchio, et vous y vivrez en sûreté, avec un bon fusil, de la poudre et des balles ; n’oubliez pas un manteau bien garni d’un capuchon, qui sert de couverture et de matelas. Les bergers vous donnent du lait, du fromage et des châtaignes ; et vous n’aurez rien à craindre de la justice ou des parents du mort, si ce n’est quand il vous faudra descendre à la ville pour y renouveler vos munitions. + Lire la suite

06 mai 2018
Il s’approcha de Fortunato et lui dit : — Tu es le fils de Mateo Falcone ? — Oui. — Moi, je suis Gianetto Sanpiero. Je suis poursuivi par les collets jaunes. Cache-moi, car je ne puis aller plus loin. — Et que dira mon père si je te cache sans sa permission? — Il dira que tu as bien fait. — Qui sait ? — Cache-moi vite. Ils viennent. — Attends que mon père soit revenu. — Que j’attende ? malédiction ! Ils seront ici dans cinq minutes. Allons, cache-moi, ou je te tue. Fortunato lui répondit avec le plus grand sang-froid : — Ton fusil est déchargé, et il n’y a plus de cartouches dans ta carchera. — J’ai mon stylet. — Mais courras-tu aussi vite que moi ? — Il fit un saut, et se mit hors d’atteinte. — Tu n’es pas le fils de Mateo Falcone ! Me laisseras-tu donc arrêter devant ta maison ? L’enfant parut touché. — Que me donneras-tu si je te cache ? dit-il en se rapprochant. Le bandit fouilla dans une poche de cuir qui pendait à sa ceinture, et il en tira une pièce de cinq francs qu’il avait réservée sans doute pour acheter de la poudre. Fortunato sourit à la vue de la pièce d’argent ; il s’en saisit, et dit à Gianetto : Ne crains rien. Aussitôt il fit un grand trou dans un tas de foin placé auprès de la maison. Gianetto s’y blottit, et l’enfant le recouvrit de manière à lui laisser un peu d’air pour respirer, sans qu’il fût possible cependant de soupçonner que ce foin cachât un homme. Il s’avisa, de plus, d’une finesse de sauvage assez ingénieuse. Il alla prendre une chatte et ses petits, et les établit sur le tas de foin pour faire croire qu’il n’avait pas été remué depuis peu. Ensuite, remarquant des traces de sang sur le sentier près de la maison, il les couvrit de poussière avec soin, et, cela fait, il se recoucha au soleil avec la plus grande tranquillité. + Lire la suite