Mes origines : Mémoires et récits


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Mes origines : Mémoires et récits - Frédéric Mistral est un vieil homme de soixante-quinze ans quand il se décide à écrire ses Mémoires. Il entend à la fois perpétuer sa légende et célébrer une culture populaire. Souvenirs d'enfance, contes naïfs et tables édifiantes se mêlent ainsi pour donner l'image d'un Midi ensoleillé et généreux. En restituant la vie du monde rural méridional sous la monarchie de Juillet, et sous le Second Empire, l'auteur rappelle que l'identité régionale n'est ...

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Détails Mes origines : Mémoires et récits

Le Titre Du LivreMes origines : Mémoires et récits
AuteurFrédéric Mistral
ISBN-102742773592
EditeurActes Sud
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.5 étoiles sur 5 de 12 Commentaires client
Nom de fichiermes-origines-mémoires-et-récits.pdf
La taille du fichier20.03 MB


07 décembre 2017
Fidèle aux anciens usages, pour mon père, la grande fête, c’était la veillée de Noël. Ce jour-là, les laboureurs dételaient de bonne heure ; ma mère leur donnait à chacun, dans une serviette, une belle galette à l’huile, une rouelle de nougat, une jointée de figues sèches, un fromage du troupeau, une salade de céleri et une bouteille de vin cuit. Et qui de-ci, et qui de-là, les serviteurs s’en allaient, pour “poser la bûche au feu”, dans leur pays et dans leur maison. Au Mas ne demeuraient que les quelques pauvres hères qui n’avaient pas de famille ; et, parfois des parents, quelque vieux garçon, par exemple, arrivaient à la nuit, en disant : – Bonnes fêtes ! Nous venons poser, cousins, la bûche au feu, avec vous autres.  Tous ensemble, nous allions joyeusement chercher la “bûche de Noël”, qui – c’était de tradition – devait être un arbre fruitier. Nous l’apportions dans le Mas, tous à la file, le plus âgé la tenant d’un bout, moi, le dernier-né, de l’autre ; trois fois, nous lui faisions faire le tour de la cuisine ; puis, arrivés devant la dalle du foyer, mon père, solennellement, répandait sur la bûche un verre de vin cuit, en disant : Allégresse ! Allégresse, Mes beaux enfants, que Dieu nous comble d’allégresse ! Avec Noël, tout bien vient : Dieu nous fasse la grâce de voir l’année prochaine. Et, sinon plus nombreux, puissions-nous n’y pas être moins. Et, nous écriant tous : “Allégresse, allégresse, allégresse !”, on posait l’arbre sur les landiers et, dès que s’élançait le premier jet de flamme : À la bûche, Boute feu ! disait mon père en se signant. Et, tous, nous nous mettions à table. Oh ! la sainte tablée, sainte réellement, avec, tout à l’entour, la famille complète, pacifique et heureuse. À la place du caleil, suspendu à un roseau, qui, dans le courant de l’année, nous éclairait de son lumignon, ce jour-là, sur la table, trois chandelles brillaient ; et si, parfois, la mèche tournait devers quelqu’un, c’était de mauvais augure. À chaque bout, dans une assiette, verdoyait du blé en herbe, qu’on avait mis germer dans l’eau le jour de la Sainte-Barbe. Sur la triple nappe blanche, tour à tour apparaissaient les plats sacramentels : les escargots, qu’avec un long clou chacun tirait de la coquille ; la morue frite et le muge aux olives, le cardon, le scolyme, le céleri à la poivrade, suivis d’un tas de friandises réservées pour ce jour-là, comme : fouaces à l’huile, raisins secs, nougat d’amandes, pommes de paradis ; puis, au-dessus de tout, le grand pain calendal, que l’on n’entamait jamais qu’après en avoir donné, religieusement, un quart au premier pauvre qui passait. La veillée, en attendant la messe de minuit, était longue ce jour-là ; et longuement, autour du feu, on y parlait des ancêtres et on louait leurs actions.  + Lire la suite

25 février 2014
en vacances en pays d'Arles, à la suite de la lecture de Mireille, j'ai eu grand plaisir de rester en compagnie de Mistral dans ses Origines. j'ai surtout aimé la partie où Mistral conte son enfance de petit paysan plus attaché à la nature, à l'école buissonnière qu'à l'école. Aussi les années de collège dans des institutions étonnantes. Précision ethnographique, poésie, fraîcheur... Lien : http://miriampanigel.blog.le..

16 septembre 2011
Gai lézard BOIS TON SOLEIL L'heure ne passe que trop vite et demain il pleuvra peut-être