La convocation


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3.25 étoiles sur 5 de 66 Commentaires client

La convocation - Elle n'entend plus qu'un mot :Convocation. Depuis son passageà l'usine de confection où elle a glissé un SOS dans la doublure d'un vêtement de luxe qu'elle cousait pour une maison italienne, ils ne la lâchent plus. Chaque semaine, chaque jour, leur rendre des comptes, élaborer des scénarios pour répondre à leurs questions, se justifier, s'entraînerà supporter la douleur, ne pas perdre la tête  Dans le tramway qui la mène au bureau de la Securitate, où elle a de nouv...

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Détails La convocation

Le Titre Du LivreLa convocation
AuteurHerta Müller
ISBN-102757820141
EditeurPoints
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.25 étoiles sur 5 de 66 Commentaires client
Nom de fichierla-convocation.pdf
La taille du fichier27.18 MB


04 novembre 2015
Je crois que j'ai plus de secrets pour Paul qu'il n'en a pour moi. Un jour, Lilli a dit que parler des secrets ne les supprime pas, et que l'on peut en raconter non pas le noyau, mais seulement la peau. Peut-être qu'avec Lilli, si je ne dissimule rien, j'arrive tout de même au noyau.

05 juillet 2012
Très beau roman que celui-là où par bribes et morceaux, la narratrice évoque sa vie dans la Roumanie de Ceausescu. Un mariage raté et l'envie de se remarier avec un étranger pour partir à l'Ouest. Et pourquoi pas un Italien ? Alors, travaillant dans une usine de confection, elle glisse dans la poche de 10 pantalons de luxe destiné à l'Italie, un petit papier avec ces mots "Ti aspetto" , son nom et son adresse. Les petits papiers n'arriveront jamais en Italie. Depuis, régulièrement, la narratrice est convoquée. "Qu'est-ce qu'il perd ce pays si je le quitte pour un autre ? demanda-t-elle un jour au commandant qui assure les interrogatoires. "Quand on n'aime pas sa patrie, on ne peut pas comprendre", répondra-t-il. Et une autre fois : "A cause de ton comportement, toutes les femmes de notre pays se font traiter de putes à l'étranger". Voilà pour le crime. Dans le tramway qui l'emmène pour une nouvelle convocation, "à dix heures précises, lui a dit Albu", la narratrice recompose le puzzle de sa vie. L'auteure y met beaucoup de poésie. de quoi atténuer le malaise, la poussière qui salit tout, l'envie de ne plus se lever le matin, la gueule de bois de l'ivrognerie ambiante. Ne pas répondre à la convocation, la narratrice y a souvent songé. Mais, "si tu n'y va pas, lui a dit Paul, l'homme qui partage aujourd'hui sa vie, ils viendront te chercher et ils t'auront pour toujours". Comme la belle Lilli, abattue à la frontière alors qu'elle tentait de passer en Hongrie avec son nouvel amoureux. L'étau est bel et bien là, comme un garrot d'angoisse qui serre le quotidien. Sans avoir trop l'air d'y toucher, La convocation évoque le sort d'un peuple anesthésié, tenu par la suspicion et la délation, qui fait la file devant les boutiques vides et qui essaye de grappiller quand il le peut quelques instants de bonheur arrachés au sordide du quotidien. A la fois glauque et brillant. + Lire la suite

07 février 2010
Herta Müller a reçu cette année le prix Nobel pour avoir « avec la concentration de la poésie et l'objectivité de la prose, dessiné les paysages de l'abandon, de l'oppression, de la peur, de la trahison, de la répression, de l'humiliation». Dans « La convocation » l'auteur nous dit la douleur du « rester » dans la Roumanie de Ceauşescu et l'impossibilité de simplement rêver le « partir ». La narratrice, prête à épouser n'importe quel Italien pour sortir du pays, a glissé un message dans la poche d'un pantalon qu'elle confectionnait pour une maison de couture transalpine. Depuis, dénoncée par son collègue, elle est convoquée inlassablement par la Securitate et absurdement interrogée par un officier rotor. le texte est d'une absolue noirceur avec cependant quelques éblouissements poétiques qui disent la beauté irrépressible du monde. Ainsi, au point du jour sur le chemin de l'interrogatoire, la lune ne sait où aller, le ciel doit lâcher le sol et les tramways sont autant de pièces éclairées… La technique du récit est également exemplaire. Nous sommes, tout au long du roman, dans l'espace clos du tramway en chemin vers celui qui ne manque jamais d'humilier la narratrice. L'angoisse est omni présente et trois récits s'enchâssent : le trajet, le conducteur et les autres passagers ; le retour sur les épisodes marquants de sa biographie (métaphorique de celle de l'auteur ?) ; et enfin la réalité imminente et terrible de l'interrogatoire qui s'impose par intermittence. C'est un monde grisâtre d'enfermement que nous montre Herta Müller. Les rapports entre les êtres semblent envisager d'un point de vue uniquement matériels où le rapport à l'autre est souvent instrumenté. Peut-être les liens du personnage principal avec son mari alcoolique et avec sa meilleure amie Lilli qui meurt lors d'une tentative d'évasion, échappent à cela ? « La convocation » est manifestement un texte du ressentiment – par ailleurs parfaitement compréhensible et légitime de la part de l'auteur– qui fait cependant à mon sens peu de place à l'intelligence, la sensibilité et l'humanité incoercibles de l'Individu. Est-ce que les régimes de l'Est ont pu gommer totalement ses qualités humaines ? Il manque aussi ici, me semble-t-il, un peu de la force, de la lucidité de penser contre soi. Herta Müller, souabe du Banat, fille d'un ancien soldat de la Waffen SS, appartenant donc à une minorité allemande de Roumanie au lendemain de la terrifiante deuxième guerre mondiale, met peu de chose de cette complexe biographie et de l'Histoire contemporaine, cela nous aiderait pourtant à « surmonter l'insurmontable ». + Lire la suite