La convocation


Livres Couvertures de La convocation
3.25 étoiles sur 5 de 66 Commentaires client

La convocation - Elle n'entend plus qu'un mot :Convocation. Depuis son passageà l'usine de confection où elle a glissé un SOS dans la doublure d'un vêtement de luxe qu'elle cousait pour une maison italienne, ils ne la lâchent plus. Chaque semaine, chaque jour, leur rendre des comptes, élaborer des scénarios pour répondre à leurs questions, se justifier, s'entraînerà supporter la douleur, ne pas perdre la tête  Dans le tramway qui la mène au bureau de la Securitate, où elle a de nouv...

Télécharger Livres En Ligne

Détails La convocation

Le Titre Du LivreLa convocation
AuteurHerta Müller
ISBN-102757820141
EditeurPoints
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.25 étoiles sur 5 de 66 Commentaires client
Nom de fichierla-convocation.pdf
La taille du fichier22.94 MB


06 février 2010
A l'époque, tous les jours à cinq heures précises, Paul et moi partions travailler en moto. Nous voyions les camionnettes devant les magasins, les chauffeurs, les manutentionnaires, les vendeurs et la lune. Maintenant je n'entends que le bruit et ne vais pas à la fenêtre, je ne regarde pas non plus la lune. Je me souviens qu'elle quitte la ville d'un côté du ciel, comme un oeuf d'oie, et que le soleil arrive de l'autre côté. Cela n'a pas changé, c'était ainsi même avant notre rencontre, quand j'allais à pied prendre le tramway. En chemin je trouvais inquiétant de voir quelque chose de beau tout là-haut dans le ciel sans qu'il y eût sur terre, ici-bas, de loi interdisant de regarder en l'air. Il était donc permis de soutirer quelques images à la journée avant qu'elle ne devienne pitoyable à l'usine. Si j'avais froid, c'était parce que je ne me lassais pas de ce spectacle et non parce que je n'étais pas assez chaudement habillée. La lune est toute rongée en ce moment, une fois au bout de la ville, elle ne sait plus où aller. Le ciel doit lacher le sol au point du jour. Les rues montent et descendent à pic, à même le sol. Les voitures de tramway vont et viennent comme autant de pièces éclairées. + Lire la suite

20 septembre 2012
Mes nerfs devenaient du fil de fer scintillant. Il n'y avais plus ce poids que ma chair aurait du peser, mais seulement de la peau tendue et de l'air dans les os. En ville je devais prendre garde à ne pas échapper à moi-même comme le souffle nous échappe en hiver, et à ne pas m'avaler moi-même en bâillant. J'ouvrais la bouche toute grande, mais sans jamais atteindre les proportions de ce froid que je ressentais à l'intérieur de moi. Je commençais à me sentir portée par quelque chose de plus léger que moi et à y trouver du plaisir, à mesure que je devenais sourde en mon for intérieur. J'avais pourtant peur de voir ces jeux fantomatiques gagner en beauté, peur de ne rien entreprendre pour lutter contre eux et pour revenir. + Lire la suite

04 novembre 2015
Je crois que j'ai plus de secrets pour Paul qu'il n'en a pour moi. Un jour, Lilli a dit que parler des secrets ne les supprime pas, et que l'on peut en raconter non pas le noyau, mais seulement la peau. Peut-être qu'avec Lilli, si je ne dissimule rien, j'arrive tout de même au noyau.