La convocation


Livres Couvertures de La convocation
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La convocation - Elle n'entend plus qu'un mot :Convocation. Depuis son passageà l'usine de confection où elle a glissé un SOS dans la doublure d'un vêtement de luxe qu'elle cousait pour une maison italienne, ils ne la lâchent plus. Chaque semaine, chaque jour, leur rendre des comptes, élaborer des scénarios pour répondre à leurs questions, se justifier, s'entraînerà supporter la douleur, ne pas perdre la tête  Dans le tramway qui la mène au bureau de la Securitate, où elle a de nouv...

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Détails La convocation

Le Titre Du LivreLa convocation
AuteurHerta Müller
ISBN-102757820141
EditeurPoints
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.25 étoiles sur 5 de 66 Commentaires client
Nom de fichierla-convocation.pdf
La taille du fichier29.7 MB


16 novembre 2015
Je n'aimais pas aller voir la tombe de Lilli. J'aurais supporté Lilli et moi, mais pas les fleurs rouges de sa tombe. Mon beau-père les qualifiait de tradescantias. Au marché, on les appelait des Viennoises, et pour moi c'étaient des sanguinaires. Rouges étaient les tiges, les feuilles et les fleurs, chaque plante était jusqu'aux extrémités une poignée de lambeaux de chair. Lilli les nourrissait et moi, je me plaçais à ses pieds et me fourrais les doigts dans la bouche pour ne pas claquer les dents. + Lire la suite

05 juillet 2012
Très beau roman que celui-là où par bribes et morceaux, la narratrice évoque sa vie dans la Roumanie de Ceausescu. Un mariage raté et l'envie de se remarier avec un étranger pour partir à l'Ouest. Et pourquoi pas un Italien ? Alors, travaillant dans une usine de confection, elle glisse dans la poche de 10 pantalons de luxe destiné à l'Italie, un petit papier avec ces mots "Ti aspetto" , son nom et son adresse. Les petits papiers n'arriveront jamais en Italie. Depuis, régulièrement, la narratrice est convoquée. "Qu'est-ce qu'il perd ce pays si je le quitte pour un autre ? demanda-t-elle un jour au commandant qui assure les interrogatoires. "Quand on n'aime pas sa patrie, on ne peut pas comprendre", répondra-t-il. Et une autre fois : "A cause de ton comportement, toutes les femmes de notre pays se font traiter de putes à l'étranger". Voilà pour le crime. Dans le tramway qui l'emmène pour une nouvelle convocation, "à dix heures précises, lui a dit Albu", la narratrice recompose le puzzle de sa vie. L'auteure y met beaucoup de poésie. de quoi atténuer le malaise, la poussière qui salit tout, l'envie de ne plus se lever le matin, la gueule de bois de l'ivrognerie ambiante. Ne pas répondre à la convocation, la narratrice y a souvent songé. Mais, "si tu n'y va pas, lui a dit Paul, l'homme qui partage aujourd'hui sa vie, ils viendront te chercher et ils t'auront pour toujours". Comme la belle Lilli, abattue à la frontière alors qu'elle tentait de passer en Hongrie avec son nouvel amoureux. L'étau est bel et bien là, comme un garrot d'angoisse qui serre le quotidien. Sans avoir trop l'air d'y toucher, La convocation évoque le sort d'un peuple anesthésié, tenu par la suspicion et la délation, qui fait la file devant les boutiques vides et qui essaye de grappiller quand il le peut quelques instants de bonheur arrachés au sordide du quotidien. A la fois glauque et brillant. + Lire la suite

20 novembre 2012
L'été dernier, en rentrant du travail, Paul dut une nouvelle fois enfourcher sa moto pieds nus, torse nu et avec un pantalon emprunté à quelqu'un d'autre.Tous ses vêtements, sa chemise, son pantalon, son slip, ses chaussettes et ses sandales avaient disparu pendant qu'il avait pris sa douche. Même si le vestiaire était surveillé depuis le printemps, c'était la quatrième fois, cet été-là, que Paul se retrouvait après sa douche sans rien à se mettre sur la peau. A l'usine, voler n'est pas une mauvaise action. L'usine appartient au peuple, on en fait partie et on prend sa part de la propriété du peuple, du fer, de la tôle, du bois, des vis, du fil de fer, tout ce que l'on trouve à emporter, en disant : le jour, on prend, la nuit, on vole. + Lire la suite