L'homme sans qualités, tomes 1 et 2


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L'homme sans qualités, tomes 1 et 2 - Robert Musil est né à Klagenfurt (Autriche) le 6 novembre 1880, dans une famille qui comptait des universitaires et des militaires. Destiné lui-même à la carrière des armes, il l'abandonne bientôt pour des études d'ingénieur. Son diplôme en poche, il part étudier la philosophie à Berlin. En 1906, il publie un premier roman, 'Les Désarrois de l'élève Törless', remarquable et remarqué. Il décide alors de se consacrer entièrement à la littérature. En 1933, il quit...

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Détails L'homme sans qualités, tomes 1 et 2

Le Titre Du LivreL'homme sans qualités, tomes 1 et 2
AuteurRobert Musil
ISBN-102020051915
EditeurPoints
Catégorieslittérature
Évaluation du client4.41 étoiles sur 5 de 22 Commentaires client
Nom de fichierl-homme-sans-qualités-tomes-1-et-2.pdf
La taille du fichier23.15 MB


09 mai 2015
Ulrich, mathématicien, la trentaine passée, est un homme sans qualités, qui s'engage dans l'Action parallèle, censé célébrer l'anniversaire du règne de l'empereur en 1914, pour n'y rien faire, comme les autres participants du reste. En chemin, il rencontre plusieurs personnages : le criminel Moosbrugger, Bonadea, sa maîtresse devenue encombrante après leur rupture, Diotime, sa cousine assoiffée de culture, son mari le diplomate Tuzzi, Paul Arnheim, écrivain et homme d'affaires allemands qui a avec Diotime une liaison adultérine platonique, Son Altesse le comte Leinsdorf, initiateur du projet et dont il devient le secrétaire particulier puisqu'il s'avère être un homme politique noble et très influent, le général Stumm von Bordwehr, qu'il introduit chez Diotime, par qui il est subjugué, pour représenter l'armée au sein de l'Action parallèle. Il y a aussi Rachel, la bonne de Diotime qui est mise enceinte par Soliman, le domestique noir d'Arnheim, son ami Walter, musicien moyen à qui sa femme Clarisse, un tantinet folle et obsédée par Moosbrugger se refuse, le directeur Fischel, juif qui en fait n'est pas directeur et dont la fille Gerda semble devoir se fiancer à Hans Sepp, jeune antisémite (elle s'offre à Ulrich avant de se rétracter au dernier moment), le professeur Schwung, rival de son père et ancien meilleur ami de ce dernier, défenseur d'une autre théorie que lui sur une histoire de droit (la responsabilité sociale). le père d'Ulrich meurt et il retrouve pour régler les formalités sa soeur Agathe, perdue de vue depuis longtemps et mariée à Hagauer, pédagogue réputé. Elle s'enfuit et va vivre avec Ulrich. Diotime est en froid avec Arnheim et Clarisse a pu aller à l'asile avec un ami d'adolescence, le docteur Meingast, devenu prophète réputé. Là se termine ce que Musil a publié de son vivant : le dernier événement notable est la rencontre d'Agathe avec un certain Lindner après une dispute avec Ulrich au sujet de la falsification du testament paternel. Un portrait vaste, satirique et pessimiste de l'Autriche, la Cacanie, car elle est kaiserlich et königlich (K et K), lu dans la traduction de Philippe Jacottet : Musil a passé la fin de sa vie en Suisse, dans la misère et la dépression, en partie pour son opposition au nazisme, conditionné par son mariage avec une Juive entre autres. La catastrophe était censée arriver à la fin : à la fois la première guerre mondiale et l'inceste entre Ulrich et sa soeur. C'est en grande partie la faillite de l'intelligence (celle d'Ulrich) et celle de la bêtise (celle des autres personnages, pour caricaturer) : les deux sont inefficaces. Un grand roman, reconnu comme tel. Il est néanmoins très long. Ceci étant, il est inachevé, probablement en grande partie du fait de la santé de Musil, et difficile de savoir s'il n'aurait pas été finalement en plusieurs volumes (déjà, on le trouve en deux volumes aux Points, en 800 pages pour le premier volume, je trouve cela lisible : on se souvient encore du début en arrivant à la fin). Je relève néanmoins sa misogynie primaire : les femmes (sauf les aliénées) sont en grande partie là pour se jeter sur les hommes façon DSK par moments et clairement conçues comme inférieures, et lorsque je dis "clairement", on parle de bien plus d'écart que les 15 à 20% de différence salariale actuellement recensés ! + Lire la suite

22 août 2013
Mais, quand elle se fut enfin représenté cette évolution des concepts avec tous les détails qu’Ulrich put ajouter, savoir beaucoup de choses lui sembla charmant, après lui avoir paru si longtemps, à cause des expériences de sa vie, méprisable.

22 août 2013
Ne se préoccupant nullement d'avantages financiers ou de célébrité, Musil passa les 20 dernières années de sa vie à travailler sur ce roman, finalement inachevé et probablement inachevable. Roman philosophique, d'analyse historique et sociologique mais aussi roman de la réalité individuelle et de la conquête de liberté, L'homme sans qualités décrit le basculement d'un monde (le notre) dans ce que certains ont appelé la modernité. Parler d'intelligence au sujet de Musil ne pourrait être qu'un euphémisme et ce livre mérite tous les efforts et le temps nécessaire à sa lecture. "Il n'est malheureusement rien d'aussi difficile à rendre, dans toutes les belles-lettres, qu'un homme qui pense. Un grand découvreur à qui l'on demandait comment il s'y prenait pour avoir tant d'idées neuves répondit : en ne cessant d'y penser. On peut bien dire, en effet, que les idées inattendues ne se présentent à nous que parce que nous les attendons." Il serait fort difficile de faire un compte rendu des multiples sujets abordés et analysés par Musil dans cet ouvrage; toutefois, je m'étonne du peu d'intérêt porté, généralement, à la relation tout à fait hors du commun, d'Ulrich avec sa soeur Agathe, à sa signification. Car voilà pourtant ce qui, dans un climat de fin d'époque et emprunt de désabusement, laisse envisager quelque chose de tout à fait différent et porteur de dépassement. Cette relation s'appuie sur une sévère critique de la sphère familiale et de son hypocrisie sociale, ce qui explique peut-être le mutisme de certains "admirateurs" à ce sujet. Ainsi, « La vie dans la famille n'est pas la vie pleine ; les jeunes gens se sentent si frustrés, diminués, distraits d'eux-mêmes quand ils sont dans le cercle de famille. » Remarque qui peut paraitre en soi extrêmement banale mais fort caractéristique de la manière dont Musil met les pieds dans le plat sans y paraitre ; car qui cherche à approfondir ce genre de constat qui pourtant signe l'échec fondamental de la famille. «La famille leur a bu leur sang ». Aussi, « ce Moi collectif n'est qu'un égoïsme collectif ». Avec les âmes soeurs surgit donc l'absolu qui dès l'abord semble associé indissolublement à l'éphémère et donc à l'essence même de la poésie. En contradiction avec la famille qui ne se conçoit que perdurant à tout prix et dans toutes les compromissions. On voit donc bien là Musil tentant de poser les bases d'un nouveau type de relations humaines, où l'individualité et l'indépendance ne seraient pas en contradiction avec le lien et la redevabilité sociale, ni d'avec l'appartenance; un nouveau type de communauté humaine. « Mais, quand elle se fut enfin représenté cette évolution des concepts avec tous les détails qu'Ulrich put ajouter, savoir beaucoup de choses lui sembla charmant, après lui avoir paru si longtemps, à cause des expériences de sa vie, méprisable. » Ah mince, il est vrai que nous en sommes, actuellement, toujours aussi loin ! + Lire la suite