L'art d'être juste : L'imagination littéraire et la vie publique


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L'art d'être juste : L'imagination littéraire et la vie publique - Bien raisonner, pour un citoyen, un juge ou un homme politique, suppose non seulement des capacités argumentatives et logiques, mais également des capacités d'imagination développées et maîtrisées. Plaidoyer pour une conception de la rationalité non pas impartiale et désincarnée, mais au contraire fondée sur une appréciation sensible des situations humaines particulières, ce livre défend donc une conception de la raison qui fait pleinement droit aux émotions et à l'...

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Détails L'art d'être juste : L'imagination littéraire et la vie publique

Le Titre Du LivreL'art d'être juste : L'imagination littéraire et la vie publique
AuteurMartha Craven Nussbaum
ISBN-102081290103
EditeurClimats
Catégorieslittérature
Évaluation du client4 étoiles sur 5 de 1 Commentaires client
Nom de fichierl-art-d-être-juste-l-imagination-littéraire-et-la-vie-publique.pdf
La taille du fichier26.94 MB


09 mai 2015
C'est à dire qu'il nous faut exercer notre esprit critique, en dialogue avec d'autres lecteurs, à la fois lorsque nous choisissons les oeuvres et tout au long de notre lecture. Wayne-Booth a justement décrit ce processus comme une "co-duction" car il s'agit par nature d'une forme non déductive et comparative de raisonnement pratique, mené en coopération avec d'autres. Dans le processus de co-duction, nos intuitions sur une oeuvre littérature seront affinés par les critiques de la théorie morale et des conseils amicaux. Cela peut considérablement modifier l'expérience que nous sommes capables d'avoir en tant que lecteurs si, par exemple nous sommes convaincus que les invitations du roman à la colère, au dégoût, à l'amour, sont fondées sur une vision du monde que nous ne pouvons plus partager. Ma conception ne suppose donc pas une confiance naïve et acritique dans les oeuvres littéraires. Les conclusions que nous sommes capables de tirer sur le fondement de notre expérience littéraire ont besoin de l'examen critique constant de la pensée morale et politique, et des jugements des autres. J'ai cependant, affirmé avec Smith que les structures formelles implicites dans l'expérience de la lecture littéraire nous offrent une forme de guide qui est indispensable pour tout examen ultérieur, y compris à un examen critique à propos de l'oeuvre littéraire elle même. Si nous ne commençons pas par la "fantaisie" et l'émerveillement devant les formes humaines qui sont sous nos yeux, avec la sympathie pour leurs souffrances et la joie devant leur bien être, si nous n'apprécions par l'importance de voir chaque personne comme un être séparé qui a une vie singulière à mener, alors notre critique des émotions pernicieuses aura peu de fondement. La lecture, comme je l'ai montré, nous offre ce fondement, et elle nous présente aussi l'attitude du spectateur impartial, essentielle pour la critique. + Lire la suite

09 mai 2015
J'ai acheté ce livre sur les conseils de Thibault de Saint Maurice dans l'émission Pop Fiction du 28 mars 2015 sur France Inter. Ce livre est passionnant, présente un point de vue à mon sens très pertinent sur l'intérêt de la littérature pour les juges. L'idée est de démontrer que la littérature permet de développer l'empathie de ces juges qui seront amener à juger les méfaits d'une partie de la population qu'ils ne connaissent aucunement et pour laquelle ils ne pourront qu'imaginer la vie ; la littérature étant le parfait moyen pour eux de comprendre leurs possibles décisions et choix de vie. Ce petit essai est merveilleux et en rajoute une couche, s'il en était besoin, sur les bienfaits et l'importance de la littérature dans notre société, car le développement de notre empathie vis-à-vis des personnes desquelles tout nous oppose (origine, couleur, pays, société, niveau de vie, etc.) y est absolument fondamental. Lien : http://piccolanay.blogspot.d..

09 mai 2015
Toutes les émotions ne sont pas de bons guides. Pour être un bon guide, une émotion doit, tout d'abord, être nourrie par une conception juste de l'évènement. Les faits en cause, leur signification pour les acteurs, mais aussi tout ce qui pourrait échapper à la conscience des acteurs ou qu'ils percevraient de manière déformée. Ensuite l'émotion doit être celle d'un spectateur et pas d'un participant. Cela signifie que nous devons non seulement évacuer réflexivement la situation pour voir si les participants l'ont correctement comprise et ont réagi raisonnablement, nous devons également omettre cette partie de l'émotion qui dérive de notre intérêt personnel pour notre propre bien être. La fiction du spectateur impartial vise avant tout à écarter cette portion de la colère, de la peur, etc. qui se concentre sur le moi. Si mon ami souffre d'injustice, je me mets en colère pour lui; mais d'après Smith, cette colère n'a pas l'intensité vindicative particulière des colères que je ressens à propos de torts qui me sont causés à moi même. De même, si mon ami pleure la perte d'un être cher, je partage son chagrin, mais non, apparemment, son excès aveugle et paralysant. Pour Smith, cette distinction nous aide à concevoir comment nous devrions nous comporter en citoyens : passionnés par le bien être des autres, mais sans nous insérer nous même dans le tableau que nous contemplons avec intérêt. Il faut maintenant observer que tout au long de cette discussion, Smith utilise la lecture littéraire (et les spectacles théâtraux) pour illustrer l'attitude, et les émotions du spectateur impartial. Smith attache une importance considérable à la littérature comme source d'orientation morale. Son importance vient du fait que la lecture est, de fait, une construction artificielle du spectateur impartial, qui nous conduit de manière agréable à adopter l'attitude qui convient à un bon citoyen et à un juge. + Lire la suite