Eux


Livres Couvertures de Eux
3.73 étoiles sur 5 de 99 Commentaires client

Eux - Maureen Wendall et son clan : une famille ordinaire éprouvée par trente ans de drames et de combats, dans cette ville de Détroit qui semble faire écho à toutes les crises de l'Amérique, de la grande Dépression aux émeutes raciales de 1967.

Télécharger Livres En Ligne

Détails Eux

Le Titre Du LivreEux
AuteurJoyce Carol Oates
ISBN-10275780944X
EditeurPoints
Catégorieshistoire vraie
Évaluation du client3.73 étoiles sur 5 de 99 Commentaires client
Nom de fichiereux.pdf
La taille du fichier23.38 MB


30 juillet 2011
Loretta n'écoutant qu'à moitié , avait l'impression que toutes les filles, toutes les femmes qu'elle connaissait avaient des fleuves de mots à répandre en elle, et elle aussi se sentait soulevée par une grande pression de mots, de paroles, de bavardages, de gestes d'excitation, comme un gigantesque battement de cœur qui les rapprochait toutes en quelque sorte - toutes les femmes ; les hommes étaient éternellement silencieux. + Lire la suite

21 janvier 2018
Il n'était pas bien qu'un homme vive, meure et ne se résume à rien, qu'il soit oublié, que son propre fils soit incapable de se le rappeler véritablement - cela ne lui semblait pas juste.

06 novembre 2017
Le vol, le racisme, le crime et l'émeute sont le décor extérieur de ce livre où la violence est partout, imprévisible. La violence règne aussi bien dans les rues de Detroit que dans la famille. Loretta et ses enfants vivent dans la peur : peur des hommes de la maison, le père et le beau-père alcooliques ; peur des coups, de la déchéance, de la misère, de l'incertitude ; peur aussi de lâcher prise, de montrer sa faiblesse. Naissances, morts, chômage et déménagements sont des faits accomplis, subis, narrés froidement, a posteriori. JCO passe insensiblement de Loretta, la mère battue et irresponsable, à Jules, le fils qui assimile les leçons de la violence, pour se fixer sur Maureen, la fille de bonne volonté, qui vit sa Passion à la maison, à l'école, dans la rue. Ces individus apeurés, violents ou violentés, survivent malgré tout : ce roman du danger est aussi un roman de la résilience. JC Oates a reçu le National Book Award pour un roman social. On ne peut cependant le comparer à Germinal : au-delà de la misère, Zola décrivait un monde professionnel, un engagement, une résistance et des grèves. Il ébauchait un message de dénonciation qui est ici absent. le pronom du titre, « Eux », introduit une opposition, une distance. Opposition qui pourrait être culturelle, tant la distance est grande entre le prolétariat du milieu du XXème siècle et le lectorat de JC Oates. Mais « Eux », souligné par une italique, revient à deux reprises dans le texte et marque l'opposition entre Loretta et sa belle-famille - la tutelle qu'elle lui impose quand son mari est à la guerre (p 100), puis entre la belle-mère qui prétend marquer une distance morale avec sa bru et son fils déchu (p 124). « Eux », ce sont des individus fatalistes, réifiés, sans espoir : « Elle s'éveillait pour voir sa famille à table, des formes dans des vêtements, appesanties sur leurs chaises. Les considérer ainsi lui donnait le vertige. Son père était un objet épais, avec sa chemise en partie déboutonnée ; sa mère était un objet virevoltant, sans substance ; sa grand-mère était massive, lourde, ruminante dans ses vêtements noirs » (p 177). « Elle avait seize ans et se demandait si elle dépasserait jamais cet âge ». Leurs amours sont impulsives et inquiétantes, aussi improvisées que l'ascension de Julien dans la chambre de Louise de Rênal à Verrières : voir l'intrusion de Jules dans la chambre de Nadine au chapitre II/5 et sa réflexion « le pire qui puisse arriver, c'est la mort » (p 351). (Julien Sorel disait à peu près, je cite de mémoire : « Si je ne la prends pas ce soir, je me fais brûler la cervelle ». La narration est fourmillante, émiettée, rapide et bavarde. L'acuité et la facilité de JCO sont admirables, à défaut d'être attachantes. + Lire la suite