Le réel n'a pas eu lieu


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Le réel n'a pas eu lieu - Le réel n'a pas eu lieu Parce qu'il ose tenir le cap de l'idéal dans un monde où le vice invite au reniement, Don Quichotte incarne la figure même du héros. Cette passion furieuse pour les idées au détriment de la réalité a pourtant un sens moins chevaleresque et plus philosophique : le personnage de Cervantès est l'homme pour qui « le réel n'a pas eu lieu ». Déclarant la guerre au banal, il veut le merveilleux, le romanesque : des géants plutôt que de...

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Détails Le réel n'a pas eu lieu

Le Titre Du LivreLe réel n'a pas eu lieu
AuteurMichel Onfray
ISBN-102746737256
EditeurAutrement
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.42 étoiles sur 5 de 30 Commentaires client
Nom de fichierle-réel-n-a-pas-eu-lieu.pdf
La taille du fichier21.52 MB


27 avril 2018
Amis « Babéliotes » ceci est avertissement : pour votre santé mentale ne faites pas comme Don Quichotte. Ne croyez pas tout ce qu'il y a dans les romans ! Ce livre est le premier tome d'une nouvelle série de six volumes de la contre-histoire de la littérature. Ici, il est question de l'oeuvre de Miguel de Cervantès : « L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche». Suivront : La Divine Comédie, Gargantua, Les 120 jours de Sodome, Faust et le Procès. Le roman de Cervantès est paru en deux fois : en 1605 et 1615. Ce livre était destiné à être lu à haute voix ce qui explique les nombreux dialogues. Michel commence par évoquer l'astucieux dispositif narratif mis en place par Cervantès : c'est un narrateur qui évoque l'histoire par l'intermédiaire d'un traducteur et de Don Quichotte, si bien que l'on ne sait jamais qui réellement parle. Cervantès se donne ainsi une liberté d'expression qui, en ses temps de bûcher, était rare. Ainsi caché Miguel va pouvoir faire une critique assez audacieuse des valeurs chrétiennes incarnées par Don Quichotte et qui est régulièrement ridiculisé dans le livre (ce qui fait bicher Michel). Les personnages de ce chef d'oeuvre (chef d'oeuvre = livre que tout le monde connait mais que peu ont lu) font maintenant parti du langage courant : Dulcinée est devenue une femme inspirant une passion romanesque. Maritorne : une femme laide, malpropre (avec des yeux en gland de chêne !) Rossinante : un mauvais cheval. Don Quichotte est lui devenu par un tour de passe-passe un redresseur de tort (alors que dans le livre il rate tout ce qu'il entreprend). Même le « sanchopancisme » a fait son entrée dans Le Robert comme étant une personne naïve et docile. Michel, pense lui plutôt, qu'il incarne le bon sens populaire comme la servante de Thalès qui lui indiqua le trou dans lequel il faillit tomber (tomba ?) alors qu'il est pris dans ses pensées philosophiques… Don Quichotte souffre d'une pathologie du déni : il refuse de croire en la réalité, sa vie (même si ce n'est pas vrai) sera comme celle d'un roman de chevalerie. M.O invente le concept de « Quichottisme » qui est le fait de nous cacher la réalité : car pour Michel, c'est réjouissant, notre civilisation est en train de couler (et nous nous écoutons l'orchestre). Michel est parfois de mauvaise foi : Jésus n'existe pas, sauf quand ça l'arrange et qu'il prend l'exemple De Pierre qui l'a renié trois fois pour évoquer le déni. Pour Michel la religion, le communisme, l'économie de marché et la psychanalyse sont des déraisons pures…. Il est fort le Michel : même avec un livre écrit au 17 eme, il arrive à filer des bourre-pif à Freud, c'est vraiment une obsession…et à parler (en bien) de Diogène (héros du premier tome de la contre-philosophie) … + Lire la suite

24 avril 2014
La lecture à laquelle nous invite Michel Onfray est stimulante. Elle consiste à ne plus prendre les chefs-d'oeuvre pour des blocs monolithiques, mais à en faire les grilles vivantes d'une interprétation iconoclaste du monde. Des amis, en somme. Et c'est là le plus grand service que l'on puisse rendre à la littérature. Passionnant!

16 juin 2015
Je portais ce texte depuis longtemps, car il y a, il y a eu et il y en aura aussi encore bien sûr des dénégateurs dans ma vie. J'ai toujours été sidéré par leur incroyable aplomb à nier que le réel ait été comme il a été. Je suis désarçonné de voir avec quelle morgue telle ou telle personne peut assurer, les yeux dans les yeux, qu'une vilenie (ou plusieurs...) objectivement de leur fait n'a jamais été commise par leurs soins. Quand on s'est trouvé personnellement, concrètement, la victime d'un choix, d'un mot, d'un jugement, d'une condamnation venus d'un tiers, on a du mal à entendre ce tiers affirmer avec effronterie qu'il n'est pas à l'origine de son choix, de ses mots, de ses jugements, de sa condamnation. Pire : quand il m'arrivait de dire qu'il y avait ostensiblement dénégation chez eux, je m'entendais rétorquer sans coup férir par le dénégateur que j'inventais, que je fantasmais des fictions et que je manifestais ma vilenie à prêter à d'autres des vilenies qu'ils n'avaient évidemment jamais commises. La dialectique de la cour de récréation fait la loi plus qu'on ne l'imagine et au-delà de l'école primaire : « C'est celui qui le dit qui y est... » constitue une formule qui fournit l'impératif catégorique du dénégateur. « Quand je suis immonde, ce que je suis, je ne le suis pas ; mais vous, en revanche, vous l'êtes » - voilà la pauvre logique des malades affligés par cette pathologie. C'est à ce prix que l'immonde peut continuer à vivre dans le monde. p. 188 et 189 + Lire la suite