Le Gène du doute


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Le Gène du doute - En avril 2063, à l’hôpital Royal Marsden de Londres, un homme agonisant rédige jour après jour une histoire de sa vie, qu’il destine à son médecin. Jour après jour, il repousse l’approche de la mort grâce à l’encre dont il noircit les pages. Jusqu’au point final, jusqu’à sa dernière minute. Après avoir longuement tergiversé, ainsi qu’il l’explique dans son avant-propos, ce médecin décide de faire publier le manuscrit. James Wright, né à la fin du XXèm...

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Détails Le Gène du doute

Le Titre Du LivreLe Gène du doute
AuteurNíkos E. Panagiotópoulos
ISBN-102070704246
EditeurGallimard
Catégoriesrécits
Évaluation du client3.22 étoiles sur 5 de 9 Commentaires client
Nom de fichierle-gène-du-doute.pdf
La taille du fichier29.85 MB


29 septembre 2010
Le docteur Clause se décide, en 2064, à publier le manuscrit laissé par un de ses patients, l'écrivain James Wright. Celui-ci, hospitalisé en stade terminal, a employé ses dernières forces à écrire une sorte d'autobiographie. Grâce à cette espèce de testament intellectuel, nous apprenons la terrible catastrophe qui s'abattit sur lui et sur le monde artistique et littéraire en général. « C'est le temps, pensait-on, qui juge en dernier ressort si telle oeuvre d'art est géniale ou non ».ce ne sera plus le cas après les travaux du généticien Zimmermann qui devait en effet découvrir le « gène de l'artiste », celui sans lequel aucun succès n'était possible. Désormais, plus besoin de critique artistique ou littéraire, mais une certitude absolue : un test décidait si tel artiste méritait d'être publié ou accroché. Les oeuvres du passé étaient irrémédiablement mises au rencart puisqu'il était impossible de savoir si leur auteur était ou non porteur du fameux gène. Quant aux vivants, point de salut pour eux hors du test. C'est sa descente aux Enfers que nous raconte le narrateur ; il ne voulut jamais en effet passer le fameux test, sauf sur son lit d'hôpital et encore refusa-t-il d'en connaître le résultat : seul Clause était au courant. Quelle est la légitimité de l'art, de l'artiste ? quel rôle doit jouer la critique ? est-il moral qu'un auteur joue sa vie sur le point de vue d'un seul homme aux motivations inconnues qui décide ou non de le publier ? l'est-ce plus quand la décision dépend d'un test génétique ? le génie existe-t-il ? est-il inné ? Toutes ces questions qui sont au centre de la création artistique sont abordées ici, par le biais d'un roman qu'on peut qualifier d'anticipation, même si on peut souhaiter vivement que jamais ne se trouve un gène de ce genre. le regard que l'auteur porte sur le monde artistique en général et sur la littérature dans toutes ses dimensions y compris – et peut-être surtout - commerciales n'est pas exempt d'ironie même si l'écriture paraît d'une grande objectivité. Par ailleurs, l'auteur met tous les atouts du réalisme de son côté : il utilise une recette qui a fait ses preuves, une mise en abyme du récit, visant à en authentifier la teneur. Peut-être est-ce gratuit dans ce genre mais le procédé garde son efficacité. Par ailleurs, il émaille son roman de notes de bas de page qui sont autant de clins d'oeil pour le lecteur averti. Enfin, il est très certainement facile de trouver l'un ou l'autre écrivain que l'on pourrait identifier au narrateur, y compris quant à son égo surdimensionné. + Lire la suite

02 septembre 2010
En avril 2063, à l'hôpital Royal Marsden de Londres, un homme agonisant rédige jour après jour une histoire de sa vie, qu'il destine à son médecin. Jour après jour, il repousse l'approche de la mort grâce à l'encre dont il noircit les pages. Jusqu'au point final, jusqu'à sa dernière minute. Après avoir longuement tergiversé, ainsi qu'il l'explique dans son avant-propos, ce médecin décide de faire publier le manuscrit. James Wright, né à la fin du XXème siècle, publia dans les années 2020 un recueil de nouvelles et un premier roman qui furent salués par la critique et encensés par le public. Son nom même semblait le destiner à la carrière d'écrivain. Mais à la même époque, la découverte d'un généticien, Albert Zimmermann commence à faire des ravages dans le monde de l'art : Zimmermann aurait découvert le gène de l'artiste. Désormais, un simple test génétique suffit à certifier si un individu est doué pour la peinture, la musique ou l'écriture. Quelle aubaine pour les éditeurs, directeurs artistiques et autres, qui n'ont plus à prendre de risques sur l'avenir en lançant un nouvel auteur ou un nouvel artiste ! Quelle humiliation pour les auteurs publiés priés de se soumettre au dit test pour affirmer leur droit à la publication ! En refusant de se soumettre au test Zimmermann, Wright choisit son camp, celui du doute face à la fatalité, celui de la renaissance artistique face à la naissance biologique, mais aussi celui de l'échec, du rejet, de la lente et inexorable dégringolade jusqu'à ce lit d'hôpital et à cette mort anonyme. Dans ce roman d'anticipation atypique, Nicos Panayotopoulos livre une réflexion sur la condition de l'artiste, et plus largement sur la condition humaine. Notre futur est-il inscrit dans nos gènes ? L'autodétermination n'est-elle qu'une illusion et l'homme libre un imposteur ? Mais cette réflexion n'est pas doctorale et proclamée, elle s'inscrit en filigrane d'un récit intimiste et sombre, dans les doutes et les incertitudes d'un homme qui a choisi une voie difficile et qui ne peut toujours s'empêcher de regarder par-dessus son épaule et regarder ce à quoi il a tourné le dos. + Lire la suite