Julien Gracq, l'embarcadère


Livres Couvertures de Julien Gracq, l'embarcadère
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Julien Gracq, l'embarcadère - Le lancement du paquebot "Île-de France" auquel Julien Gracq assista à quinze ans en compagnie de son père, à Saint-Nazaire, l'accompagnera toute sa vie comme une initiation aux vastes horizons, à cet incessant départ pour un imaginaire où le temps rémanent ordonne une véritable recréation du monde. Témoin privilégié de la littérature, il livre au fil des décennies des fragments très personnels sur l'écriture et la lecture. A la fois rêveur, distant, tel un guetteur...

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Détails Julien Gracq, l'embarcadère

Le Titre Du LivreJulien Gracq, l'embarcadère
AuteurJean Pelletier
ISBN-102842771311
EditeurEditions du Chêne
Catégorieslittérature
Évaluation du client4 étoiles sur 5 de 1 Commentaires client
Nom de fichierjulien-gracq-l-embarcadère.pdf
La taille du fichier25.3 MB


17 décembre 2017
" Il s'offre, quoi qu'il en dise, au regards scrutateur de l'investigateur. Finalement, tout n'est que promesse et les pires barrages qu'il édifie, photos désagréables, propos insidieux, relecture soigneuse de ses interviews, refus d'être publié dans une collection de poche, tout cela ne sert qu'à favoriser l'invitation au voyage, à e,n savoir plus. Les procédés les plus méticuleux de verrouillage se révèlent insuffisants à celui qui croise d'une manière ou d'une autre Gracq et son oeuvre. Mais il a réussi à être "invisible" aux yeux du plus grand nombre, y compris d'un public "averti". Il a créé ce paradoxe incroyable, être d'une certaine manière "statufié" comme un grand écrivain français vivant et ne pas être connu du public français. Il est là, posté dans son refus du prix Goncourt ou son ermitage de Saint-Florent-le-Vieil, comme embusqué ; quelle que soit la manière dont il le vit, c'est ainsi qu'il est "vu". Bien qu'il ne participe à aucun "manège médiatique" et qu'il ne laisse qu'épisodiquement une trace de son écriture [..], il n'empêche. Gracq, pour celui qui a ouvert la page, tend bien malgré lui la main à celui qui deviendra son passager, à celui qui s'embarquera pour un voyage lointain et incertain, car les prémisses sont particulièrement encourageantes, tant le personnage interpelle et détonne dans un paysage littéraire consensuel. [...] Je me souviens encore de cette première découverte, la lecture du "Rivage des Syrtes", les premiers mots, ce sentiment de défrichage, de rentrer en contact avec un univers qui ne ressemblait à rien de ce que j'avais pu lire précédemment. Mais au delà de ce qui apparaissait à mes yeux comme une nouveauté, il y avait un sentiment quasi ésotérique. [...]. Il est vrai que la nature de son écriture est une "initiation" à le lecture du monde. Le rythme de la phrase, le choix du vocabulaire, le mouvement de l'écriture a le don "d'évocation". C'est en cela qu'il donne par ses oeuvres une manière nouvelle et originale de concevoir le rapport qu'entretient l'écriture avec la vie." [Jean PELLETIER : " Julien Gracq : L'embarcadère ", collection "Vérité et légendes", éditions du Chêne, 2001 - chapitre 7 : "L'embarcadère", pages 136-138] + Lire la suite

17 décembre 2017
Un livre magnifique, pudique et en même temps très personnel de Jean PELLETIER : un des plus fidèles "visiteurs" et des meilleurs connaisseurs du prodigieux monde intérieur du Ténébreux Julien GRACQ - Guetteur des bords de Loire et rêveur éveillé, universel et assumé (1910-2007)... L'ouvrage, à la présentation sobre et luxueuse (peu onéreux, à mon souvenir...), est servi par de magnifiques - et inoubliables - photographies "atmosphériques" dues à Gilbert NENCIOLI (trop peu "crédité au générique" par les Editions du Chêne...). Photos nous narrant visuellement - en leur noir-et-blanc fortement contrasté ou presque sépia, avec cette beauté cachée des grisés, à la définition proprement extraordinaire - les rives de la Loire à Saint-Florent, les clairs-obscurs du domicile feutré que fut cette Maison-Haute de la Rue du Grenier-à-Sel, embarcadère de tous les rêves (les pavés de la ruelle en pente finissant dans l'eau du grand fleuve), ou encore les intérieurs de la Librairie José Corti, qui ouvrit - en un certain jour de 1938 - les portes "de corne, d'ivoire et d'ébène" de la Littérature, à un certain Louis Poirier, "petit prof d'histoire-géo" et Normalien, enfin - définitivement - transfiguré en GRACQ, Julien... pour la grandeur des rêves de tous ses (nombreux) lecteurs-rêveurs de par le monde. Lien : http://www.latribudhotel.can.. + Lire la suite

17 décembre 2017
" Aujourd'hui dans une biographie de Gracq, on trouverait des dates, des événements, des traces visibles, seulement visibles, de certains moments sociaux, les études, la guerre, les publications, les représentations, les conférences, les préfaces... mais il n'y aurait rien sur ses sentiments profonds, ses amours, ses amitiés, nulle lettre, nulle confidence. Et nous ne saurions rien non plus des trahisons, des complicités, des rêves et des pleurs, et encore moins de la peur et du bonheur. Quant à l'amour, il ne fait que rayonner de manière mystique au travers de ses personnages féminins. L'amour n'y est jamais physique, il se réfugie dans l'allégorie, il ne peut être que l'expression du désir, il se signale régulièrement dans le seul espace qu'il sait s'assigner, celui de l'attente et de l'espérance. " [Jean PELLETIER : " Julien Gracq : L'embarcadère ", collection "Vérité et légendes", éditions du Chêne, 2001 - chapitre 4 : "Ecrire", pages 90-91] + Lire la suite