Le Cavalier suédois


Livres Couvertures de Le Cavalier suédois
3.95 étoiles sur 5 de 278 Commentaires client

Le Cavalier suédois - Dans l'Europe orientale au début du XVIIIe siècle, aux confins de la Prusse et de la Pologne, le jeune roi Charles XII de Suède rêve de se tailler un empire qui irait de la Baltique à la mer Noire... et y réussit presque. Un jeune officier de ses troupes, déserteur et pourchassé, prend la place d'un voleur de grand chemin pour échapper à la potence - lequel voleur prend sa place dans la vie. Et c'est l'histoire de ce dernier qui nous est contée : poursuite endiablée...

Télécharger Livres En Ligne

Détails Le Cavalier suédois

Le Titre Du LivreLe Cavalier suédois
AuteurLeo Perutz
ISBN-102752906315
EditeurPhébus
Catégoriesde capes et d'épées
Évaluation du client3.95 étoiles sur 5 de 278 Commentaires client
Nom de fichierle-cavalier-suédois.pdf
La taille du fichier24.23 MB


10 juin 2017
- Frappez ! Frappez ! sifflait-il entre ses dents serrées. Je ne suis pas de haut lignage et ne pratique pas votre vile usure. Frappez ! Frappez ! Plus d'ardeur ! Je ne suis qu'un pauvre manant, peu me chaut de saigner le déshérité, de lui voler son équipage. Frappez ! Frappez ! Noble engeance que cet homme à barbiche qui fuit devant le sabre du capitaine, que ce Tornefeld qui veut aller à la guerre, mais craint d'avoir froid aux doigts. Frappez ! Frappez ! Je suis d'un autre bois. Je ferais un gentilhomme autrement convaincant... + Lire la suite

12 juin 2016
– Messire est donc pressé ? fit posément le voleur. Pour moi, j’ai tout le temps de bénir vos chevaux. Allez, et qu’ils se rompent le cou ! – C’en est trop ! hurla le baron. Tête de colonne à droite ! ouvrez les rangs ! Préparez-vous à attaquer ! Et toi, dégringole ton perchoir et rends-toi où je tire! Il leva son pistolet et mit en joue tandis que ses cavaliers se rangeaient selon ses instructions. – Que le renard défende sa peau ! cria le voleur d’une voix si forte que tout le bois résonna. Le signal était donné. Le coup de feu partit. La balle toucha le voleur à l’épaule à l’instant même où il lançait l’essaim de frelons au beau milieu des dragons. Ce fut d’abord un bourdonnement sourd. Les cavaliers, déconcertés, tendirent l’oreille. Un cheval se cabra net, un second fit un écart brusque et rua, zébrant l’air de ses sabots arrière. On entendit un juron, une exclamation rageuse, le hurlement des cavaliers touchés par les fers. Un instant, la voix du baron Maléfice domina le tumulte : – Rompez ! Formez un seul rang ! criait-il, conscient du danger. Mais déjà le chaos régnait alentour. Assailli par les frelons, les chevaux qui avaient pris position au centre cherchaient à fuir : ils se cabraient, tombaient à la renverse, piétinaient les cavaliers désarçonnés. Un vacarme indescriptible emplissait la forêt ; aux hennissements se mêlaient les hurlements, les jurons, les disputes, les ordres contradictoires que personne n’écoutait. Des coups de mousquets et de pistolets ponctuaient ce tumulte qu’amplifiait l’écho. La bataille rangée avait dégénéré en une mêlée de chevaux et d’hommes vociférant parmi les sabots fous ; les cavaliers s’agrippaient aux crinières ou, jetés à bas, pendaient lamentablement aux étriers ; ce n’était plus qu’une cohue de mousquets, de sabres, de mains battant l’air et de faces convulsées. Et c’est au fort de cette débandade que les brigands ouvrirent le feu. C’en était fait de la belle ordonnance des assaillants. Les chevaux s’égaillaient en tous sens, avec ou sans cavalier, piquant un galop endiablé à travers la futaie et le désordre de ses taillis. Une poignée de dragons s »étaient remis d’aplomb et tentaient de reformer un rang mais déjà les brigands fondaient sur eux à coups de gourdins et de crosses. Le baron Maléfice était parvenu à maîtriser son cheval : il fit une volte brusque afin de porter secours à ses hommes. Mais il était trop tard, déjà les brigands les avaient dispersés. Voyant la partie perdue, il poussa un juron, éperonna sa monture et s’enfuit au galop, tandis que le voleur, toujours perché, lui lançait son adieu sarcastique : – Quelle mouche vous pique, Messire ? Prenez garde d’éreinter votre cheval ! La voie était libre. Il ne restait plus qu’à capturer les chevaux vacants et à sauter en selle. Le voleur se coula au bas de son arbre et s’adossa un moment au tronc. Sa blessure commençait à le faire souffrir, le sang déjà transperçait sa chemise et sa redingote. + Lire la suite

08 novembre 2013
Par une froide nuit de blizzard de 1701, deux hommes cheminent en direction de la frontière séparant la Pologne de la Suède. le premier est un voleur, un pauvre hère si dégouté de sa vie de misère qu'il a pris la résolution de s'engager dans les forges du Prince-archevêque, véritable enfer sur terre et refuge de tous les repris de justice du pays. le second est un nobliau suédois ayant déserté les armées de Pologne pour rejoindre les forces du roi de Suède. Bien qu'ils n'aient rien en commun, la neige et la faim les ont réunis pour quelques heures et le sort s'apprête à leur jouer un bien mauvais tour : dans un moulin abandonné et hanté par le fantôme de son meunier suicidé, leurs deux destins vont bifurquer, empruntant des voies dramatiques et inattendues... Huit ans plus tard durant un hiver fort semblable à celui-ci, une fillette est visitée chaque nuit par le spectre de son père, un noble propriétaire pourtant parti guerroyer à des centaines de kilomètres de là. Quels liens, quelle toile de mensonges, d'intrigues et de traquenards habilement tramés unissent par-delà les années ces deux curieux événements ? C'est ce que « le Cavalier Suédois » de Leo Perutz nous invite à découvrir. On m'avait tant vanté ce roman que je n'ai pu m'empêcher de grommeler dans ma barbe en l'ouvrant pour la première fois : « Toi, mon gars, t'as intérêt à tenir tes promesses… » Béni soit le sieur Perutz, il a amplement répondu à mes attentes et je sors de cette lecture tout à fait enchantée ! Roman historique savamment saupoudré de fantastique, « le Cavalier Suédois » est une oeuvre pleine de charme et de mystère, dotée en sus d'une intrigue remarquablement construite, de celle qui nous mène du début à la fin par le bout du nez et ceci pour notre plus grand plaisir. L'histoire est délicieusement prenante, le style simple et poétique à la fois, le personnage principal attachant (malgré une moralité souvent déficiente et un très très gros complexe social), les dialogues spirituels et finement écrits, l'atmosphère mélancolique et envoutante… La présence du merveilleux est particulièrement bien dosée, imprégnant tout le récit sans jamais que celui-ci ne verse dans le fantastique pur et dur. Pour ne rien gâcher, les thématiques abordées ne manquent pas d'intérêt et de profondeur : impuissance des hommes face à la destinée, usurpation d'identité, culpabilité et quête de rédemption, ravages du désir et de la jalousie... En conclusion, une belle fable, poétique et intrigante à souhait ! J'ai noté qu'une adaptation BD avait été réalisée par l'illustrateur Jean-Pierre Mourey et peut-être me laisserai-je tenter, mais ce sera après avoir parcouru le reste du l'oeuvre du sieur Perutz. « le Marquis de Bolibar » me tente particulièrement – les guerres napoléoniennes : miam miam ! + Lire la suite