Les ombres errantes


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Les ombres errantes - " Il y a dans lire une attente qui ne cherche pas à aboutir. Lire c'est errer. La lecture est l'errance. " « Il y a vingt ans j'ai composé les huit tomes des Petits Traités. Ils sont parus aux éditions Maeght. Dernier royaume est un ensemble de volumes beaucoup plus étendu et étrange. Ni argumentation philosophique, ni petits essais érudits et épars, ni narration romanesque, en moi, peu à peu, tous les genres sont tombés. Enfant, durant...

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Détails Les ombres errantes

Le Titre Du LivreLes ombres errantes
AuteurPascal Quignard
ISBN-102246637414
EditeurGrasset
Catégoriesaphorismes
Évaluation du client3.69 étoiles sur 5 de 118 Commentaires client
Nom de fichierles-ombres-errantes.pdf
La taille du fichier29.15 MB


16 mai 2018
« Je ne cherche que des pensées qui tremblent » .Le présent est le passant du temps...ainsi file le temps aussi longtemps qu'errent les ombres. Bandes passantes des heures, fugaces, légères, incisives. Littérature, langage. Et puis l'image. «  Ce sont des ombres qu'il faut opposer aux images ». L'ombre serait elle mémoire, présence ? Empreinte ? Qui passa par là se dira un jour ici. Ailleurs, dans un passé prochain. Ce n'est pas un roman, c'est un récit. L'ombre, l'ombre des réponses, et les questions de nos vies. Questions orphelines d'un passé inaccessible. Pascal Quignard se tient à part, écrire est une solitude, un cheminement, une épure, presque une ascèse. La lecture un besoin, une nécessite. Il nous fait entrer ici dans le dernier royaume, du moins nous permet il d'y jeter un oeil. le dernier royaume, ce lieu de l'esprit. Un sanctuaire. Des pensées comme des notes, des touches, des traits, des points, une calligraphie née de l'obscurité. Tout cela se dessine, se croise, s'entremêle, se déchire, se retrouve, s'enlace, germe, meure, s'éteint, s'élève, se réfléchit, revient, revit, passe, disparaît. Ce livre est indescriptible. Ce sont des voix, des visages, des instants, des passés. Un dernier royaume fait d'échos, de reflets, de réverbérations, d'ondes. Aussi déroutant que soit ce livre j'ai aimé me promener entre ses ombres, ses murs, ses voix. Pas de fantômes, mais partout des immortels. C'est un hommage à la littérature, aux lettrés, à la mémoire, à l'Esprit. le royaume de Port Royal n'est jamais loin avec Pascal Quignard. Tanizaki non plus. Jamais absent, jamais détruit, toujours vivant. Des années lumières, des ombres réfléchissantes. Déroutant, oui, mais cosmique «  le passé le plus lointain et le plus dense de l'énergie de l'explosion.Tout souvenir intense approche de la force »... Des pensées comme des comètes, des phrases météorites, des trous noirs, des naines blanches, des supernova, un soleil immense, des nuages, des fleuves, le silence. «  une immensité flottante ».Rien ne se perd et tout se crée. « J'ai demandé à la levée de la Loire une part de son ombre. Puis je l'ai inventée.Puis elle m'a accueilli. » « Le merveilleux ne connaît pas le temps ». « Les arts ne connaissent pas le progrès ». Le dernier Royaume ...C'est un peu de la maison du monde de Simonomis… La Maison du monde Dans la maison du monde il y a des enfants avec ou sans parents des blancs des noirs des jaunes des rouges dans la maison qui bouge. Autour rôdent les ennemis la faim la soif la maladie le chômage et les bombes. Il faut lutter pour la beauté du monde. Pour toi ton voisin le mien le sien pour les enfants qui naîtront demain très loin et qui parlent autrement dans la maison du monde dont nous sommes les grains de sable responsables blancs noirs jaunes rouges dans la maison qui bouge autour du soleil commun. Nous avons besoin d'un dernier Royaume pour y bâtir la maison du Monde. Astrid Shriqui Garain + Lire la suite

20 septembre 2011
Sans solitude, sans épreuve du temps, sans passion du silence, sans excitation et rétention de tout le corps, sans titubation dans la peur, sans errance dans quelque chose d'ombreux et d'invisible, sans mémoire de l'animalité, sans mélancolie, sans esseulement dans la mélancolie, il n'y a pas de joie.

05 avril 2012
Il est mal­aisé, je trouve, de par­ler des oeuvres de P. Qui­gnard. Déjà parce qu'elles sont le plus sou­vent inclas­sables, “pas à leur place” dirait l'auteur (et ceci est d'autant plus vrai pour les volumes qui com­posent ce mys­té­rieux Der­nier Royaume). Écri­vain de l'interstice, du non-socialement-conventionné, l'écriture de P. Qui­gnard échappe aux défi­ni­tions lit­té­raires et au for­ma­lisme uni­ver­si­taire dure­ment acquises au cours des siècles : ni roman, ni poé­sie, ni essai, ni auto-fiction, ni écrit tota­le­ment auto­bio­gra­phique, phi­lo­so­phique ou phi­lo­lo­gique, et tout à la fois, Les ombres errantes se situe dans cet inter­valle indé­fi­nis­sable qui s'établit entre le récit (en l'occurrence ici plu­sieurs récits, fables ou contes, jux­ta­po­sés tels un patch­work) et la pen­sée errante, vaga­bonde, qui cherche sans savoir, qui sait sans trou­ver. Cela abou­tit concrè­te­ment à une trame dis­cur­sive dis­jointe, comme épar­pillée, dis­sé­mi­née, qu'il fau­drait res­sem­bler, relier, renouer, rejoindre, et qui donne à entendre le timbre d'une pen­sée, une pen­sée dont la qua­lité pre­mière est d'être indo­cile à l'ordre, au clas­si­fié, à la logique, d'être régie par l'obsession, la répé­ti­tion du même, le sou­ve­nir, le désir et l'errance. Il res­sort de cette lec­ture facile et pour­tant exi­geante, l'impression d'être sur une barque (peut-être que la Barque silen­cieuse qui appa­raît au volume VI de son Der­nier Royaume influence ma per­cep­tion), une péniche des­cen­dant len­te­ment un canal pai­sible et silen­cieux. le passager-lecteur, assis der­rière le bas­tin­gage, per­çoit bien des choses, il observe, avec une cer­taine indif­fé­rence ou une jubi­la­tion inté­rieure, le moindre des détails, ici un bou­quet d'herbes folles, là un saule plon­geant ses branches dans l'eau sombre, là encore une souche juchée sur la berge, il remarque que le décor change, n'est plus tout à fait le même, que le soleil, lui-même, s'est un peu déplacé, que les ombres ne pointent plus dans la même direc­tion… Il se ras­sure à chaque fois qu'il fran­chit une écluse : c'est une étape, un cap qui lui prouve que le temps a passé, que la barque avance mal­gré tout, que le voyage conti­nue… Mais dans le même temps il doute aussi, se deman­dant s'il n'a pas déjà passé cette écluse, si le temps n'a pas fait machine arrière et si sa rade n'a pas remonté le cou­rant à son insu. Car ce voyage est si lent, si imper­cep­tible, ou si glo­ba­le­ment perçu et recons­ti­tué par les liens ténus et mys­té­rieux que lui sug­gère son cer­veau qu'il en perd toute sen­sa­tion de mou­ve­ment spa­tial et temporel. Voilà l'effet que m'a pro­curé les Ombres errantes, qui vous l'aurez deviné n'est pas racon­table mais hau­te­ment lisible, lisible à la lisière du livre. On entend encore, en fond très loin­tain, les voix de Blan­chot, de Lévi­nas, mais ces voix sont ténues, celle de Qui­gnard a pris son envol pour son Der­nier Royaume. Lien : http://www.labyrinthiques.ne.. + Lire la suite