Les ombres errantes


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Les ombres errantes - " Il y a dans lire une attente qui ne cherche pas à aboutir. Lire c'est errer. La lecture est l'errance. " « Il y a vingt ans j'ai composé les huit tomes des Petits Traités. Ils sont parus aux éditions Maeght. Dernier royaume est un ensemble de volumes beaucoup plus étendu et étrange. Ni argumentation philosophique, ni petits essais érudits et épars, ni narration romanesque, en moi, peu à peu, tous les genres sont tombés. Enfant, durant...

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Détails Les ombres errantes

Le Titre Du LivreLes ombres errantes
AuteurPascal Quignard
ISBN-102246637414
EditeurGrasset
Catégoriesaphorismes
Évaluation du client3.69 étoiles sur 5 de 118 Commentaires client
Nom de fichierles-ombres-errantes.pdf
La taille du fichier23.02 MB


05 avril 2012
Il est mal­aisé, je trouve, de par­ler des oeuvres de P. Qui­gnard. Déjà parce qu'elles sont le plus sou­vent inclas­sables, “pas à leur place” dirait l'auteur (et ceci est d'autant plus vrai pour les volumes qui com­posent ce mys­té­rieux Der­nier Royaume). Écri­vain de l'interstice, du non-socialement-conventionné, l'écriture de P. Qui­gnard échappe aux défi­ni­tions lit­té­raires et au for­ma­lisme uni­ver­si­taire dure­ment acquises au cours des siècles : ni roman, ni poé­sie, ni essai, ni auto-fiction, ni écrit tota­le­ment auto­bio­gra­phique, phi­lo­so­phique ou phi­lo­lo­gique, et tout à la fois, Les ombres errantes se situe dans cet inter­valle indé­fi­nis­sable qui s'établit entre le récit (en l'occurrence ici plu­sieurs récits, fables ou contes, jux­ta­po­sés tels un patch­work) et la pen­sée errante, vaga­bonde, qui cherche sans savoir, qui sait sans trou­ver. Cela abou­tit concrè­te­ment à une trame dis­cur­sive dis­jointe, comme épar­pillée, dis­sé­mi­née, qu'il fau­drait res­sem­bler, relier, renouer, rejoindre, et qui donne à entendre le timbre d'une pen­sée, une pen­sée dont la qua­lité pre­mière est d'être indo­cile à l'ordre, au clas­si­fié, à la logique, d'être régie par l'obsession, la répé­ti­tion du même, le sou­ve­nir, le désir et l'errance. Il res­sort de cette lec­ture facile et pour­tant exi­geante, l'impression d'être sur une barque (peut-être que la Barque silen­cieuse qui appa­raît au volume VI de son Der­nier Royaume influence ma per­cep­tion), une péniche des­cen­dant len­te­ment un canal pai­sible et silen­cieux. le passager-lecteur, assis der­rière le bas­tin­gage, per­çoit bien des choses, il observe, avec une cer­taine indif­fé­rence ou une jubi­la­tion inté­rieure, le moindre des détails, ici un bou­quet d'herbes folles, là un saule plon­geant ses branches dans l'eau sombre, là encore une souche juchée sur la berge, il remarque que le décor change, n'est plus tout à fait le même, que le soleil, lui-même, s'est un peu déplacé, que les ombres ne pointent plus dans la même direc­tion… Il se ras­sure à chaque fois qu'il fran­chit une écluse : c'est une étape, un cap qui lui prouve que le temps a passé, que la barque avance mal­gré tout, que le voyage conti­nue… Mais dans le même temps il doute aussi, se deman­dant s'il n'a pas déjà passé cette écluse, si le temps n'a pas fait machine arrière et si sa rade n'a pas remonté le cou­rant à son insu. Car ce voyage est si lent, si imper­cep­tible, ou si glo­ba­le­ment perçu et recons­ti­tué par les liens ténus et mys­té­rieux que lui sug­gère son cer­veau qu'il en perd toute sen­sa­tion de mou­ve­ment spa­tial et temporel. Voilà l'effet que m'a pro­curé les Ombres errantes, qui vous l'aurez deviné n'est pas racon­table mais hau­te­ment lisible, lisible à la lisière du livre. On entend encore, en fond très loin­tain, les voix de Blan­chot, de Lévi­nas, mais ces voix sont ténues, celle de Qui­gnard a pris son envol pour son Der­nier Royaume. Lien : http://www.labyrinthiques.ne.. + Lire la suite

08 novembre 2013
Une grande perplexité en refermant ce livre. Une lecture déroutante pour une écriture hermétique et légèrement pompeuse, truffée d'expressions latines. En se raccrochant au titre, émerge une lueur de compréhension. Mais faible, la lueur ; ça part dans tous les sens, dans toutes les époques. On dirait que l'auteur s'écoute penser et note, au fil des ses errances, tout ce qui lui passe par la tête. Ecriture, parole, art, temps, ombres naissance, mort….. des sujets traités en vrac. Tout semble jeté pêle-mêle sans souci d'organisation. Ou alors c'est moi qui suis insensible. Ou alors, il aurait fallu mettre un mode d'emploi. Franchement, je n'ai vraiment pas compris où Pascal Quignard voulait nous emmener. Je vois qu'il a eu le prix Goncourt en 2002 pour ce livre. C'est étrange. Heureusement que j'en ai lu deux autres de lui que j'avais appréciés. Si j'avais commencé par celui-ci, je n'aurais pas persévéré.

08 août 2015
Il arrive que le pouvoir soit méprisable, les institutions déshonorantes, les croyances lâcheté, la solidarité honte, la désobéissance vertu, le jadis sauvagerie et fierté.