Le Poids de la grâce


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Le Poids de la grâce - L'oeuvre de Joseph Roth est faite d'ironie, de dérision, d'humour et d'une infinie compassion pour ses personnages. Une grande liberté d'expression alliée à une précision méticuleuse, une extrême rigueur, en font l'un des plus grands prosateurs de la langue allemande. Il a ce goût viennois de la plaisanterie, de la pointe amère et sceptique. Mais il a aussi un côté « prophète » qui s'exprime en particulier dans Le Poids de la grâce, et qui l'apparente parf...

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Détails Le Poids de la grâce

Le Titre Du LivreLe Poids de la grâce
AuteurJoseph Roth
ISBN-102253035564
EditeurLe Livre de Poche
Catégoriesrécits
Évaluation du client4.17 étoiles sur 5 de 32 Commentaires client
Nom de fichierle-poids-de-la-grâce.pdf
La taille du fichier18.67 MB


27 novembre 2017
Ce mouvement berceur calmait bien, quelquefois, le nourrisson. Mais, dans certains cas, aucun artifice ne se montrait efficace contre son besoin de pleurer, de hurler. Ses cris discordants couvraient la récitation des douze élèves - sons profanes et choquants, peu faits pour accompagner les saints versets de la bible. Déborah montait sur un tabouret et descendait le bébé trop bruyant. D'un blanc parfait, sphérique et gigantesque, son sein s'échappait bientôt du corsage qu'elle entrouvrait. Les regards des gamins, fascinés, convergeaient vers cette rondeur. Déborah avait l'air d'allaiter toute la troupe des marmots. Ses propres enfants, les trois aînés, faisaient cercle autour d'elle, avec des yeux chargés d'envie et de convoitise. Un silence absolu se faisait dans la pièce. On n'entendait plus, désormais, que les lèvres actives du nourrisson. + Lire la suite

09 décembre 2013
Ce roman est paru en français dans au moins deux traductions différentes et plusieurs titres "Job. Roman d'un simple juif", "Le poids de la grâce" ou encore "Job. Roman d'un homme simple". Je crois que le titre en allemand était simplement "Hiob". C'est donc l'histoire de Job, revue et corrigée pour devenir contemporaine de son auteur. le Job du roman, c'est Mendel Singer, un maître d'école juif pieux et pauvre, habitant d'une bourgade russe (un shtetl), marié et père de quatre enfants. le dernier, Ménouhim, semble désespérément handicapé, au point qu'il ne peut apprendre à parler. C'est le premier coup du sort qui s'abat sur Mendel Singer, sort qui semble néanmoins humblement accepté par la famille. On suit au cours du roman cette famille simple dont le chef semble n'avoir d'autre ambition qu'obéir à la loi de Dieu. le fils aîné de Mendel s'enrôle dans l'armée blanche tandis que le cadet, s'exile aux États-Unis, y fait fortune et y appelle sa famille. C'est l'occasion d'un tournant dans la vie jusque là assez terne de Mendel qui voyait le doute s'installer partout jusque dans la solidité de son couple. Les parents partent avec leur fille, laissant Ménouhim sur place, non sans quelque sentiment de culpabilité. Et là les malheurs s'enchaînent. On apprend que l'aîné est tué à la guerre; l'épouse meurt; la fille perd la raison... Mendel vit alors misérablement son exil, perd la foi et finalement la retrouve dans une fin à la fois prévisible et improbable. N'était-ce cette fin qui, à mon sens, détruit tout le réalisme dont le reste du récit est pétri, le roman se hisserait au rang des chefs-d'oeuvre. Reste la plume exceptionnelle de Roth qu'on ne peut qu'admirer. + Lire la suite

30 novembre 2017
Il croyait dur comme fer, puisque ses enfants l'affirmaient, qu' l'Amérique était la terre du Seigneur, New-York la ville des merveilles, et l'anglais la plus belle langue du monde. Les Américains étaient des modèles de santé, les Américaines, des modèles de beauté, le sport, de première importance, et le temps, plus précieux que tout. La pauvreté était un vice, et la richesse un mérite ; la vertu menait à mi-chemin sur la route du succès, tandis que la confiance en soi vous y conduisait tout droit. Pratiquer la danse était une mesure d'hygiène, et le patin à roulette, un devoir absolu ; les œuvres de bienfaisance constituaient un placement sûr, et l'anarchisme un crime. Les grévistes étaient les ennemis de l'humanité, les émeutiers, des suppôts de Satan ; tandis que les machines modernes étaient une bénédiction du ciel et Edison, le plus grand génie de tous les temps. Bientôt les hommes seraient capables de voler comme les oiseaux, de nager comme les poissons, de prévoir l'avenir comme les prophètes, de vivre dans une paix éternelle et, unis par une parfaite entente, ils construiraient un jour des gratte-ciel qui monteraient jusqu'aux étoiles. «Ah ! oui, le monde sera bien beau, se disait Mendel. Il en a de la chance, mon petit-fils ! Il connaîtra tout cela.» Et pourtant, au milieu de son admiration pour les temps futurs, toujours venait se glisser une nuance de regret à l'adresse de sa Russie natale ; et c'était pour lui un sentiment bienfaisant que la certitude de compter déjà au nombre des morts lorsque les vivants célébreraient alors de tels triomphes. + Lire la suite