En étrange pays


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En étrange pays - Comment apprendre à vivre quand on porte la mort en soi ? A la fin du XIXe siècle, le mal s'appelait la tuberculose. Quand Versluis, un bourgeois hollandais, comprend qu'il est condamné, il quitte son cadre de vie, sa Hollande mesurée et digne, au paysage façonné par la main de l'homme, pour Bloemfontein, cette ville d'Afrique du Sud qu'entoure l'immense espace du veld sud-africain. C'est ce passage d'une vie à l'autre que Karel Schoema...

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Détails En étrange pays

Le Titre Du LivreEn étrange pays
AuteurKarel Schoeman
ISBN-102752902379
EditeurPhébus
Catégoriesdramatique
Évaluation du client4.31 étoiles sur 5 de 16 Commentaires client
Nom de fichieren-étrange-pays.pdf
La taille du fichier23.87 MB


27 octobre 2014
Tout d'abord, je remercie les éditions Libretto et Babelio pour m'avoir offert ce livre dans le cadre de l'opération "Masse critique". Un huis clos à ciel ouvert ou comment mieux caractériser le traitement ambivalent de ce récit mais aussi l'introspection d'un pays, d'une ville, d'une communauté, d'une maison, d'un individu. Pour parler de l'ambivalence du récit, je citerai un pays aux horizons sans limite face à une communauté repliée sur elle-même, un personnage principal enfermé dans ses principes mais libre de mouvement face à une infirme enfermée dans son corps mais libre de pensée, des expatriés ayant un pays à construire face à leur nostalgie d'une Europe lointaine, le riche ayant peur de la mort face à un prolétaire mourant et la liste je pense ne s'arrête pas là. Question introspection, il me suffit de dire que chaque ambivalence se montre, se dévoile petit à petit au lecteur, en même temps qu'elle se dévoile au personnage principal. Ce cheminement entre la vie et la mort, la liberté et l'ordre social, entre solitude et vie en société, aspire le lecteur dans une spirale qui ne pourra que le mener face à lui-même. Un récit prenant le lecteur tel un boa dans ses anneaux, l'étouffant doucement l'amenant à une conscience proche de l'asphyxie pour lui révéler toute l'ambivalence de la vie. J'irais presqu'à le déconseiller aux claustrophobes. Amateurs de Fantasy, j'ai aussi trouvé dans ce récit , la trame d'un récit imaginaire, En quelque sorte l'initiation d'un anti-héros au seuil de la mort. L'imagination à fournir pour s'immerger dans cette communauté coloniale de fin XIXème vaut tous les dépaysements Fantasy. Un livre à haute teneur philosophique même si les codes sont un peu anciens que je recommande à tout curieux de la vie et de la mort. + Lire la suite

13 février 2018
Le roman de Karel Schoeman se situe à la fin du XIXème siècle en Afrique du Sud. J'ai eu envie de relire ce roman en apprenant la mort de l'auteur Versluis, un bourgeois hollandais arrive à Bloemfontein après un voyage harassant, il vient soigner une tuberculose déjà bien avancée. Les débuts sont difficiles, épuisé par le voyage et la chaleur, il retrouve un peu d'allant et prend pension chez Mme van der Vliet, une femme dévouée, efficace mais intrusive. Tout une société gravite autour de lui, outre sa logeuse, la famille Hirsch qui respire la vitalité mais à la présence un brin insistante et le pasteur Scheffler. Petit à petit Versluis va élargir sa vision, il découvre la petite ville « quelques rues autour d'une place de marché, avec la tour blanche du bâtiment du gouvernement et les cheminées et les toits, couleur argent des maisons parmi les eucalyptus, les saules et les arbres fruitiers. » Pour lui commence une vie sans heurts, une vie tranquille, comme amortie « Versluis pensait qu'il avait trouvé en Afrique le même genre de vie que celle qu'il avait abandonné en Europe. C'en était en tout cas une assez bonne imitation aux confins de la terre. » On sait peu de chose de Versluis et K Schoeman semble le tenir à distance, nous ne saurons jamais son prénom par exemple. Il se mêle à la vie locale tout en gardant une certaine réserve, il est invité aux mariages, aux pique-niques et aux soirées poétiques où il doit payer de sa personne en lisant quelques poèmes. C'est avec le pasteur et sa soeur infirme qu'il a les discussions les plus satisfaisantes. Versluis le libre penseur et impressionne le pasteur par sa connaissance du latin « j'ai toujours trouvé que Virgile était une grande consolation (...) Mon Virgile et mon Montaigne ne me quittent jamais, pour que je puisse les lire en voyage ou la nuit quand je ne dors pas. » Le pasteur lui aussi aime les livres et a une bibliothèque qui exigea des efforts « cette petite malle avec Goethe et Schiller et Shakespeare que j'ai transportée pendant tout le voyage en bateau et en chariot à boeufs » Il doute et se sent seul, il exprime des regrets car il ne lui est plus possible « d'avoir des amis parmi les Noirs, ce pays avait déjà commencé à s'interposer entre nous avec ses décrets arbitraires » C'est l'ultime étape pour Verluis, il le sait, bientôt il sera temps de « ne plus faire qu'un avec soi, dans l'obscurité parmi les pierres, les racines et le gravier » Contre toute attente il tente d'apporter de l'aide à un compatriote, Mr Gelmers, venu terminer sa vie en Afrique. L'auteur livre sa réflexion sur la mort « accepter l'idée qu'on va mourir, cela implique une lutte, parfois même une lutte qui dure toute la vie » Un rythme du récit rendu lent par l'accablement provoqué par la chaleur intense. On devine à travers beaucoup de petites touches le devenir dramatique de ce pays. La quête de Versluis est celle de tout être humain, quête de dépouillement illustrée par le veld infini L'écriture est somptueuse, délicate, et trouve nécessairement un écho chez le lecteur Lien : http://asautsetagambades.hau.. + Lire la suite

04 novembre 2014
Nous n'avons pas encore décidé ce que nous voulons être, où nous voulons aller. Nous nous accrochons encore à ce que nous avons et nous avons encore trop peur de l'abandonner, même si cela est superflu depuis une éternité.