Tragédies, tome 1


Livres Couvertures de Tragédies, tome 1
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Tragédies, tome 1 - Dans des traductions entièrement nouvelles principalement dues à Jean-Michel Déprats, ces deux premiers volumes de la nouvelle édition des Œuvres complètes de Shakespeare dans la Pléiade contiennent les grandes tragédies : - tome I : Titus Andronicus, Roméo et Juliette, Jules César, Hamlet, Othello. La vie du comédien, poète et dramaturge William Shakespeare (1564-1616), né et mort à Stratford upon Avon, Warwickshire, reste assez mal c...

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Détails Tragédies, tome 1

Le Titre Du LivreTragédies, tome 1
AuteurWilliam Shakespeare
ISBN-102070113620
EditeurGallimard
Catégoriestragédie
Évaluation du client4.37 étoiles sur 5 de 30 Commentaires client
Nom de fichiertragédies-tome-1.pdf
La taille du fichier26.05 MB


29 septembre 2012
"Hamlet".- Traduction nouvelle de Jean-Michel Déprats, ce n'est pas anodin : à comparer avec les autres traductions, notamment celle, également nouvelle, d'André Markowicz aux Éditions Actes Sud "Babel". «Dites cette tirade, je vous prie, comme je l'ai prononcée, lestement sur la langue; car si vous devez la beugler, comme font tant de comédiens, j'aimerais autant faire dire mes vers par le crieur public. Et puis ne sciez pas trop l'air avec la main, comme ça, de la mesure en tout : car dans le torrent, la tempête et, pour ainsi dire, le tourbillon de la passion, vous devez acquérir et engendrer en vous une retenue qui lui donne du coulé. Oh ! cela me blesse l'âme d'entendre un furieux gaillard emperruqué déchirer une passion en lambeaux, oui, en charpie»… Déprats choisi donc le verbe "beugler" quand Markowicz préfère celui de "surjouer". À chaque lecteur, chaque spectateur de se prononcer...

02 juin 2016
Ce premier des volumes pléiade du théâtre de Shakespeare contenant à la fois des nouvelles traductions vraiment très réussies et le texte original en vis-à-vis est un indispensable pour qui s'intéresse un minimum au plus grand des dramaturges anglais. Bien qu'animé d'une volonté chronologique de présenter dans un premier temps uniquement les tragédies (viendront ensuite les histoires et les comédies), ce premier tome fait presque figure de Best Of tellement le niveau des pièces regroupées ici est élevé. Les deux pièces les moins connues sont les deux tragédies antiques Titus Andronicus et Jules César, mais on y trouve également les deux pièces italiennes ultra célèbres que sont Roméo & Juliette et Othello, avant d'atteindre l'apothéose avec l'inénarrable Hamlet. Un tel programme, ça laisse rêveur. Si l'on ajoute à cela une très belle présentation générale de l'auteur d'Anne Barton qui ne se trouve que dans ce volume, il devient difficile d'y résister. 1) TITUS ANDRONICUS Dans cette pièce, il est vrai que Shakespeare n'a pas eu peur de faire jaillir l'hémoglobine à chaque coin de scène ; c'est vrai qu'il a misé sur le fait de choquer son public pour faire naître de l'empathie vis-à-vis d'actes, eux-mêmes, horribles. Qu'en est-il ? Titus Andronicus est un vieux général romain à la droiture et au patriotisme irréprochables, tout auréolé de gloire, qui s'en revient d'une campagne fructueuse en Germanie. Il a réussi à soumettre les Goths et ramène comme trophée de guerre, la reine Tamora et ses trois fils. Pendant ce temps à Rome, les fils de l'empereur décédé, Saturnius et Bassianus, s'écharpent pour savoir lequel des deux sera le prochain souverain. Au sénat, beaucoup pensent que Titus Andronicus ferait un bien meilleur empereur que ces deux jouvenceaux. Toutefois, le vieux général décline l'honneur qui lui est fait et préfère se montrer loyal envers la lignée impériale. Titus Andronicus prend donc le sage parti d'incliner en faveur de Saturnius, l'aîné des deux frères, en qualité d'Empereur et d'accorder sa fille Lavinia à Bassianus. Saturnius reporte ses ardeurs amoureuses sur la reine des Goths, Tamora, dont on espère ainsi apaiser le peuple fraîchement soumis. Cependant, Titus Andronicus satisfait à la tradition religieuse romaine du vainqueur de sacrifier aux Dieux le fils aîné des vaincus. Tamora l'implore à genoux d'épargner son fils Alarbus mais rien n'y fait. Tamora développe donc un vif ressentiment à l'égard de Titus et demande à ses deux fils de s'en prendre à la fille de Titus. Parallèlement, elle s'accoquine d'Aaron, un Maure machiavélique, qui imagine le moyen d'assouvir la vengeance de la reine. Lors d'une partie de chasse, les deux fils de Tamora assassinent le frère de l'empereur sous les yeux de son épouse Lavinia. La pauvre, horrifiée et témoin embarrassant du crime n'a sans doute plus qu'à mourir. C'est là que les conseils abjects du Maure prennent toute leur dimension d'horreur. Les deux lurons violent Lavinia en bonne et due forme et, pour que l'abjection soit complète, lui tranchent les deux mains, pour qu'elle ne puisse plus écrire, et surtout, lui découpent la langue, afin qu'elle ne puisse plus parler. Le Maure s'arrange également pour que deux fils de Titus découvrent le cadavre de Bassanius et soient accusés du crime aux yeux de l'Empereur. Celui-ci fait conduire les deux fils de Titus à Rome pour y être décapités. Le vieux Titus espère encore intercéder en leur faveur, eu égard aux nombreux services rendus, afin de prouver leur innocence. Et là encore, le Maure trouve un stratagème odieux que je vous laisse le soin de découvrir par vous-même ainsi que la fin de la pièce. 2) ROMÉO ET JULIETTE Dans cette pièce qu'il réécrit à partir de plusieurs modèles italiens existants, William Shakespeare nous dresse un tableau où deux familles rivales s'opposent, pour des raisons anciennes, obscures et probablement oubliées, dans une lutte à mort. Le vieux Montague et le vieux Capulet sont deux respectables, aimables, riches citoyens de Véronne, estimés l'un et l'autre du seigneur de la ville, mais qui se détestent l'un l'autre. Chacun des membres du clan ne demande que le prétexte pour se lancer dans une échauffourée avec la bande rivale. On comprend alors que l'amour entre un jeune homme d'un clan à l'endroit d'une jeune fille de l'autre clan est une impossibilité totale. La puissance de l'amour et sa capacité à franchir tous les obstacles sera ressort essentiel de la pièce. Mais, outre l'appel à l'émancipation de la jeunesse et à la fin de la férule des parents, je vois dans cette pièce un message plus politique, celui que quand les puissants s'affrontent, les enfants innocents de chaque nation payent l'addition et que tout ce qu'ils récoltent, c'est, au mieux, un monument à leur nom. En somme, une dénonciation de la folie des dirigeants qui s'engagent dans des conflits sans fondement et qui sacrifient de jeunes vies pour cela. 3) JULES CÉSAR Voilà une tragédie très subtile, tout en nuances, largement sous-estimée où j'ai adoré l'ambivalence qui caractérise presque tous les personnages principaux de la pièce. Certes, on retrouve chez Cassius, notamment en début de pièce, quelque chose du machiavélisme du Iago d'Othello ou encore du Maure de Titus Andronicus, mais l'auteur s'attache à justement le réhabiliter en en faisant un personnage il est vrai envieux mais non dénué de qualités réelles et positives. L'ambiguïté est encore plus affirmée et de façon croisée et symétrique entre Brutus — le traitre — d'une part et Octave — le sauveur — d'autre part. On a en effet de la peine à considérer Brutus comme un sale type et Octave comme un type bien. Que dire enfin du somptueux personnage d'Antoine dont le discours funèbre auprès de la dépouille De César est un modèle sophisme, et d'une roublardise délicieuse. En somme, le seul qui soit vraiment très discret et d'un intérêt moindre dans cette pièce c'est… Jules César lui même ! On le voit en effet très peu, mais, du peu que l'on voit de lui, Shakespeare s'attache là encore à en faire un personnage très humain, comme tous les autres, avec ses bons et ses mauvais penchants. Comme Shakespeare s'est appuyé assez fidèlement sur les sources antiques cela imprime une rythme particulier à la pièce qui n'est pas comme à l'ordinaire dans les tragédies une apothéose baignée de sang au cinquième acte. En somme, une trame historique aménagée pour en faire un support scénique admirable. Shakespeare ne cède à aucune facilité et l'ensemble de la pièce est remarquablement écrit. Certes on n'y trouve pas de ces tirades sensationnelles comme dans Hamlet, Macbeth, Richard III ou encore La Tempête, mais ce Jules César m'a beaucoup plu. 4) HAMLET Hamlet, bien sûr, l'incontournable Hamlet. J'adore la légèreté, l'humour, la finesse, la profondeur, la qualité d'écriture de l'ensemble de la pièce (pas trop le final cependant). Je ne vais même pas m'attarder à vous faire le panégyrique de la pièce dont vous retrouvez des poussières disséminées un peu partout, de Dickens au Roi Lion en passant par Rudyard Kipling. (J'ai déjà évoqué cela ailleurs.) Issu en droite filiation de la tragédie grecque antique (le personnage d'Oreste, notamment), Shakespeare revisite le thème de la trahison, du doublage par un frère (le vieil Hamlet est assassiné par son frère Claudius). Voilà un thème qui semble fort et important pour l'auteur, c'est d'ailleurs le corps de l'ultime drame de Shakespeare, La Tempête, où Prospero a échappé in extremis à la mort et s'est fait subtiliser le trône par son frère. Le thème de la mort (omniprésent dans les tragédies), ou plus particulièrement de l'inutilité de la vie, est également un sujet de prédilection du grand dramaturge anglais et qui figure au coeur d'Hamlet, d'où cette fameuse tirade du « être ou ne pas être ». Cependant, si tout cela est vrai et fort, ce qui me semble plus fort et plus évident que tout dans Hamlet, c'est la réflexion sur le théâtre qui affleure partout. le personnage d'Hamlet, de façon symbolique, C'EST le théâtre, dans l'acception la plus noble du terme. C'est lui le révélateur, c'est lui qui voit clair dans le jeu orchestré par le roi et c'est lui qui est déchu par la vilenie du pouvoir. Le roi symbolise évidemment le pouvoir, en tant qu'autorité qui muselle l'activité artistique de peur qu'elle ne montre trop explicitement ses propres exactions. Laërte, c'est l'autre théâtre, le théâtre d'état, le théâtre qui dit ce que le roi veut entendre, celui qui est aux bottes du pouvoir (et d'ailleurs, sur ce point, absolument rien n'a changé, voir, par exemple le livre de Serge Halimi, Les Nouveaux Chiens de Garde). Les deux théâtres se livrent une lutte à mort, et qui est sacrifié au milieu d'eux ? le public, évidemment, et ici le public est symbolisé par Ophélie, qui devient folle. La reine représente la conscience, la morale à qui l'on a tordu le cou pour avaler des couleuvres (thème revisité dans Macbeth). Polonius représente les seconds couteaux, le peuple nombreux des courtisans hypocrites qui lèchent les savates de tout pouvoir, quel qu'il soit, et qui se font étriller par le théâtre (pensez aux bourgeois, aux savants ou aux religieux chez Molière, par exemple) car si l'on ne peut taper sur le pouvoir, on peut tout de même se faire la main sur les courtisans. Mais on peut aussi (et surtout) voir dans Polonius, l'archétype du puritain (voir les conseils qu'il donne à son fils), très en vogue et toujours plus près du pouvoir à l'époque de Shakespeare. Et la moralité de tout cela, c'est qu'un pouvoir qui n'est pas capable de se regarder en face sous le révélateur, sous le miroir de vérité qu'est le théâtre, tellement il a honte de lui-même est voué à disparaître. Tiens, tiens, on y voit déjà l'ombre de Macbeth… Pour conclure, si l'on recontextualise la genèse de cette pièce avec les événements historiques dont l'auteur était le témoin, ce qu'il faut voir dans Hamlet, ce n'est ni une tragédie (ou tragi-comédie), ni un quelconque message métaphysique, mais bien plutôt une supplique politique pour maintenir les théâtres publics élisabéthains et leur liberté d'expression face aux attaques toujours plus virulentes des puritains qui essaient d'imposer leur théâtre moralisateur. 5) OTHELLO Tragédie là encore sublime, au sens premier, au sens profond terme. Même si le protagoniste principal semble bien davantage Iago qu'Othello et, d'un simple point de vue statistique, il est manifeste que Iago monopolise la scène, c'est bien à la place d'Othello que l'auteur souhaite nous placer, et non à la place de Iago. C'est bien l'oeuvre de Iago sur Othello qui indigne et non les motifs intimes du fourbe qui présentent un intérêt. Le message, du moins l'un des messages possibles de cette oeuvre, est le noircissement. Je ne blague pas, et le fait que Shakespeare ait choisi un personnage noir comme héros d'infortune n'a sans doute rien d'hasardeux. L'apparence. Celui qui semble noir l'est-il bien réellement ? Tous. Tous semblent noirs à un moment ou à un autre : Cassio, Desdémone, Othello. Tous noirs et pourtant tous innocents. Et pourtant, on jurerait, selon l'angle où ils sont présentés les uns aux autres, on jurerait qu'ils sont coupables. C'est probablement ça, le plus fort du message que souhaite nous délivrer l'auteur. Honni soit qui mal y pense ! Il est si facile de nuire, si facile de noircir, si facile de truquer, si facile de faire dire autre chose aux faits pris indépendamment ou hors contexte. C'est cela que semble nous dire Shakespeare. Les apparences sont parfois contre nous et d'autres semblent blancs comme neige, et pourtant… et pourtant…, quand on sait tout le fin mot, vraiment tout, la réalité est souvent loin des belles apparences et ce que l'on croyait simple, net, tranché, évident, ne l'est plus tant que cela. Othello d'emblée est noir, ce qui jette sur lui une indéfinissable suspicion aux yeux des Vénitiens. Tout prétexte sera bon s'il fait le moindre faux-pas. Cassio est un beau subordonné prometteur, donc il est douteux. Desdémone est une noble Vénitienne blanche entichée d'un noir, donc c'est nécessairement une putain. Autant de raccourcis faciles que nous avons tous tendance, consciemment ou inconsciemment, à commettre ici ou là. L'histoire a donné plusieurs fois raison à Shakespeare. (Rien qu'en France, au XXème siècle, des Juifs, des Maghrébins en tant que groupe ou des individualités comme Guillaume Seznec ont tous fait l'objet d'accusations plus ou moins calomnieuses ou bâties de toute pièce, basées sur des a priori ou des apparences qui leur étaient adverses. Je ne parle évidemment pas de tous les endroits du monde et à toutes les périodes depuis Shakespeare, car il y aurait de quoi remplir tout Babelio avec.) Si l'on cherche des fautes à quelqu'un, on en trouvera fatalement. Si l'on sait habilement les mettre en lumière, leur donner d'autres apparences, attiser le vent de la vengeance, mobiliser la justice à son avantage, n'importe qui peut être traîné dans la boue ou commettre l'irréparable. Quels sont les mobiles de tout cela ? L'auteur reste très discret et très flou sur les motivations de Iago. Cela semble tourner autour de la jalousie, de l'orgueil bafoué, de l'envie inassouvie, du complexe d'infériorité. Intéressons nous encore quelques instants à Iago. Ce qui est frappant dans le texte, dans les qualificatifs qu'on lui attribue, c'est le nombre de fois où reviennent, les adjectifs noble, honnête, fidèle, courageux, droit, fiable, vertueux, etc. Iago, dans cette optique, est donc le symbole du puritanisme, Othello, le noir à qui l'on fait commettre des abjections ne saurait être autre que Shakespeare lui-même. Voilà le type de message que je vois dans Othello, la dénonciation de la calomnie à l'égard des dramaturges honnêtes qu'on accuse de toutes les perversions, exactement comme de nos jours les formateurs d'opinion dénoncent les trucages et les manipulations, eux qui sont les rois des truqueurs et des manipulateurs. Les années ont passé, les travers universels de l'humain sont restés. Bref, cinq oeuvres essentielles dans une édition exceptionnelle. Bien entendu, ce n'est que mon avis truqué, c'est-à-dire, pas grand-chose. le mieux que vous ayez à faire, c'est encore d'ouvrir ce livre et de découvrir ou bien relire ces pièces admirables. + Lire la suite

09 mai 2016
BRUTUS : Destinées, nous connaîtrons votre bon plaisir. Que nous devons mourir, nous le savons : ce n'est qu'à l'heure Et au souci d'en retarder le jour que les hommes s'attachent. (BRUTUS : Fates, we will know your pleasures. That we shall die, we know : 'tis but the time And drawing days out, that men stand upon.) JULES CÉSAR : Acte III, Scène 1.