L'angoisse du héron


Livres Couvertures de L'angoisse du héron
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L'angoisse du héron - En littérature, les choses ne sont pas racontées parce qu'elles se produisent ; elles se produisent parce qu'elles sont racontées. Gaétan Soucy adhère à cette foi en la fiction. Ecrivain le plus brillant de sa génération, indiscutablement l'un des flambeaux de la littérature contemporaine en langue française, il n'a cessé d'insister sur la nature thaumaturgique de la narration. La littérature crée un modèle du monde afin que nous ayons la possibilité d'explor...

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Détails L'angoisse du héron

Le Titre Du LivreL'angoisse du héron
AuteurGaétan Soucy
ISBN-102923398025
EditeurLe Lézard amoureux
Catégoriesrécits
Évaluation du client3.38 étoiles sur 5 de 13 Commentaires client
Nom de fichierl-angoisse-du-héron.pdf
La taille du fichier29.23 MB


26 septembre 2012
Au commencement est l'Asile, théâtre où évolue l'Acteur et le Cabotin. le narrateur observe ces deux étranges olibrius : l'un, prenant le rôle du Héron, choisit de ne pas perturber le monde mais de l'observer, en retrait, figé dans une « promesse jamais tenue de chute vers l'avant », le regard affolé de mots silencieux; l'autre, au contraire, dérange le monde de sa gesticulation incontrôlée, le provoque, arpente en « conquérant avide », déterminé, la scène à laquelle il est voué. de leur opposition naît un spectacle-fable où on lit en écho deux postures de l'homme face au monde, l'un emmuré dans sa tour d'ivoire et de folie, l'autre, acteur, actant, tout de fracas agité. Soudain le texte glisse, vers un autre jeu, un autre je : et le narrateur que l'on suivait, confiant, se métamorphose, emprunte une autre voix pour chanter l'ami perdu, l'artiste inachevé, le premier narrateur, retiré du théâtre du monde. Cet hommage se teinte volontiers d'ironie et est sans cesse remis en question par le narrateur lui-même dans ses notes ; il se métamorphosera une dernière fois en lettre, en adresse à une potentielle lectrice, avant de chuter, affolé, en final inattendu. La suite par ici : http://www.delitteris.com/notules/langoisse-du-heron/ Lien : http://www.delitteris.com/no.. + Lire la suite

27 janvier 2014
« L'Acteur se tenait debout dans son coin, le même toujours, invariable. Si on peut appeler debout cette posture qui était le commencement d'une chute, une chute figée dans son amorce, une promesse jamais tenue de chute vers l'avant. La tête était penchée, les épaules ployaient sous un fardeau invisible mais très certainement réel, les genoux avaient fléchi, fléchi, puis s'étaient arrêtés en plein fléchissement. Ses mains longues, dénervées, des mains de vieille dame pianiste qui se vide de son sang, tendaient vers le sol, le bout des doigts tremblant d'un tremblement imperceptible de brin d'herbe. Comme si elles avaient voulu toucher le sol, mais s'étaient, elles aussi, arrêtées en chemin. […] Vous lui auriez donné trente ans. Le médecin me confirma qu'il en avait quarante-sept et qu'il était en institut depuis vingt-huit ans. Il était là dans cette salle a répéter le même spectacle depuis vingt-huit ans. On ne l'appelait pas l'Acteur pour rien. » + Lire la suite

20 janvier 2014
Il n’y a pas déniaisage plus violent que le deuil. Chacun nous perce à bout portant des trous dans l’âme. Qui sait si nous ne finissons pas par mourir de nos morts ? Vidés de notre sang, vidés de notre substance par ces trous que nos morts crèvent en nous, comme des balles de revolver ?