Va où ton coeur te porte


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Va où ton coeur te porte - Seule dans sa maison battue par les vents d'hiver, une vieille femme qui n'a plus que quelques mois à vivre écrit à sa petite-fille. Avant de disparaître, elle souhaite resserrer les liens distendus par les aléas de l'existence. Pour cela, elle n'a que des mots. Des mots d'amour, ou des mots qui l'entraînent à évoquer sa propre vie. Elle raconte sans pudeur ni complaisance son enfance solitaire, son mariage de raison, la mort tragique de sa fille et parle pou...

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Détails Va où ton coeur te porte

Le Titre Du LivreVa où ton coeur te porte
AuteurSusanna Tamaro
ISBN-102266127314
EditeurPocket
Catégoriesrécits
Évaluation du client3.73 étoiles sur 5 de 208 Commentaires client
Nom de fichierva-où-ton-coeur-te-porte.pdf
La taille du fichier18.05 MB


06 avril 2014
L'approche verbale des secrets de famille est rarement chose aisée, le recours à l'écriture peut s'avérer nécessaire. Olga habite Trieste, ville située à proximité de la nouvelle frontière italo-slovène. En cet automne 1992 les conflits armés s'intensifient sur le territoire de la proche Yougoslavie. Olga enrage de voir des innocents fuir le grand massacre des Balkans et traverser dans leur exode sa belle région du Carso tant de fois éprouvée elle aussi durant ce XXe siècle. Cette dame octogénaire se sait condamnée à brève échéance. Depuis peu, elle consigne avec régularité sur le papier ses états d'âme mais aussi son parcours de vie jusqu'à ses secrets les plus enfouis. Douze ans auparavant, Olga a perdu sa fille unique Ilaria dans un accident de voiture. Depuis ce jour tragique, elle élève seule sa petite-fille qui n'a pas connu son papa. Cette dernière, aujourd'hui âgée de seize ans, vient de commencer une année d'études aux USA. Comment ne pas se faire du souci pour la jeune fille rebelle dont le caractère bien affirmé rappelle celui d'Ilaria ? Sans doute lui écrit-elle pour conjurer le sort qui frappe avec constance la famille, pour contrecarrer le malheur qui suit la ligne féminine et se transmet de mère en fille. Sa propre mère au caractère intransigeant n'a pas été heureuse, sa fille Ilaria avant son accident broyait du noir, elle-même a vécu de nombreuses années empêtrée dans le conformisme d'un milieu bourgeois, prisonnière de la tyrannie des apparences. Soulagée d'avoir mis son coeur à nu, d'avoir prodigué un dernier petit conseil, Olga a maintenant l'âme en paix. Cependant elle se garde bien d'expédier aux Etats-Unis une seule des quinze longues lettres, sa petite-fille les découvrira toutes ensemble à son retour. Ce roman épistolaire de Susanna Tamaro, dans lequel la nature est omniprésente, s'adresse à un large public et rencontre depuis sa parution en 1994 un succès mérité. Petit par le format, il fait partie de ces livres dont la relecture n'est en rien rébarbative mais au contraire apaisante. « Va où ton coeur te porte » est un formidable message d'amour d'une grand-mère libérée, un passage de témoin entre le siècle finissant et le prochain en devenir, une sorte de testament avec pour leitmotiv : « la conscience sereine d'exister ». + Lire la suite

21 avril 2014
Olga, grand-mère octogénaire guettée par la mort, écrit a sa petite-fille, une "ado" tête dure qu'elle a élevée et qui est partie pour un an en Amérique. En fait, elle n'enverra pas ces lettres, elle les laissera en évidence chez elle, en espérant leur destinataire les lira après sa mort. On peut d'abord penser que le roman va se centrer sur les relations (devenues très difficiles) entre elles deux - mais non. On découvre vite la fille unique de la narratrice, Iliona, morte tragiquement alors qu'elle était encore jeune: celle-ci aussi ne s'entendait pas du tout avec Olga; elle était devenue une révoltée parlant un jargon "gauchiste", puis elle avait commencé une psychanalyse avec un "gourou" douteux sans jamais arriver à trouver sa place dans la société. Mais, finalement, c'est surtout sa propre vie que la narratrice examine dans ses lettres. Issue d'une famille bourgeoise où la seule exigence était de respecter les "bonnes manières" et scolarisée chez des bonnes soeurs très culpabilisantes, la jeune Olga a été vite obligée d'étouffer en elle tout ce qui faisait sa personnalité. Elle s'est mariée assez tardivement, sans vraie envie, avec Augusto: un homme plus âgé qu'elle, gentil et ennuyeux, qui n'a pris femme que pour suivre les conventions sociales. Olga sombre donc peu a peu dans la dépression. Pour s'en guérir, elle va faire une cure thermale dans une ville d'eaux où elle rencontre Ernesto, qui lui révèle ce que peut être une relation amoureuse. Un soir, au lieu de lui dire qu'elle voudrait mourir dans cet état de bonheur, elle lui demande "Je veux un enfant". C'est ainsi qu'a été conçue Iliona. Les deux amants, tous deux mariés, n'osent pas rompre leur lien conjugal, et la paternité est assumée par Augusto. Ironie de la vie: Iliona adulte, recherchant frénétiquement les responsables de son mal-être, a accusé pendant des années son "père", alors qu'il s'est contente de fermer les yeux sur l'adultère ! Après la mort d'Ernesto, Olga continue son existence médiocre, sans aucune joie de vivre. Devenue veuve et en butte avec des difficultés de relations croissantes avec sa fille, elle se "bricole" une philosophie de la vie, capable de la soutenir dans ses épreuves. Elle apprend à se méfier des solutions toutes prêtes et à faire confiance seulement à ce que lui dit son coeur, autrement dit à se (un peu) faire confiance. Le titre du livre m'avait paru plutôt niais. Craignant que ce soit un roman de gare, j'ai hésité à l'ouvrir. L'ayant achevé, je dois dire que la lecture de ce roman est courte et ne m'a pas semblée inutile. Dans ses lettres, la narratrice soulève quelques-uns des grands problèmes de la vie des hommes et des femmes, mais elle le fait avec simplicité, sur un mode mineur, sans éclat ni malice, mais avec une certaine justesse. Pour prendre un seul exemple: c'est avec une calme lucidité qu'elle évoque ses parents (qui lui ont pourtant fait bien du mal !); revenant sur son enfance, elle note avec justesse: "Je détestais ma mère (...) et pourtant j'étais en train de devenir exactement comme elle". Olga ne cache pas ses faiblesses et ses contradictions. Elle reconnait tristement que "Ernesto rayonnait et [qu'elle] reflétait sa lumière. Lui disparu, tout était redevenu opaque". Son ton est souvent mélancolique, méditatif, sentencieux, parfois plaintif - il m'a d'ailleurs irrité dans plusieurs passages. On peut dire que ce texte est la confession d'une femme simple, qui a eu le malheur d'être pendant son existence une "perdante"; elle a presque constamment subi à contre-coeur ses expériences de vie; après bien des désillusions, elle a tenté de "sauver les meubles". N'était-ce pas autrefois - et même aujourd'hui - le destin de beaucoup d'hommes et (peut-être surtout) de femmes ? + Lire la suite

07 juillet 2009
«L'enfance et la vieillesse se ressemblent, dans les deux cas, pour des raisons différentes, on est plutôt désarmé.» [ Susanna Tamaro ] - Va où ton coeur te porte «Il y a des vérités qui apportent un sentiment de libération et d'autres qui imposent le sens du terrible.» [ Susanna Tamaro ] - Va où ton coeur te porte «Le renoncement à soi conduit au mépris.» [ Susanna Tamaro ] - Va où ton coeur te porte + Lire la suite