Le Néant quotidien


Livres Couvertures de Le Néant quotidien
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Le Néant quotidien - Zoé Valdés raconte l'histoire d'une jeune femme qui lui ressemble à s'y méprendre, depuis sa naissance très patriotique à Cuba, le 2 mai 1959, au lendemain d'un glorieux défilé de travailleurs, jusqu'à cette soirée ultime où, trente ans plus tard, en pleine \"période spéciale\" (privations, pénurie, liberté si précaire), les deux hommes de sa vie vont jouer aux échecs le privilège de finir la nuit avec elle. Dehors - dernier terme de cette éducation sentimentale et ...

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Détails Le Néant quotidien

Le Titre Du LivreLe Néant quotidien
AuteurZoé Valdés
ISBN-102742710035
EditeurActes Sud
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.16 étoiles sur 5 de 75 Commentaires client
Nom de fichierle-néant-quotidien.pdf
La taille du fichier26.9 MB


16 mars 2012
Trois fenêtres grandes ouvertes confirment que la mer existe. Et si elle existe, je suis assise au bord du lit, comme chaque matin, en train de boire à petites gorgées un café noir et amer, en poudre il y a quelques minutes, et liquide à présent. Depuis combien de temps ai-je commencé cette cérémonie matinale ? Boire du café en contemplant la mer, comme si les vagues étaient des fragments de vie. L’eau est fascination lente, sérénité maximale, effroi curieux qui apaise. Je fais la même chose depuis un nombre infini d’aurores, traverser l’écume, le corps hiératique, tandis que l’âme me susurre qu’elle existe, comme la mer. Comme le mal du déséquilibre. En moi, comme partout sur terre. + Lire la suite

25 janvier 2015
Pas besoin d'être sorcière pour deviner que j'allais tomber amoureuse,pas seulement parce que je passais ma vie à tomber amoureuse, une vraie maladie, mais parce que je traversais un désert de solitude, à cause de ces compagnies éphémères, et que j'avais besoin de quelqu'un d'intelligent, d'énigmatique. J'avais besoin du big love, de mourir d'amour, de vivre d'amour, de me défoncer. D'un type qui me fasse craquer, et réciproquement. De craquer à deux. Page 130 + Lire la suite

21 décembre 2007
La Nada Cotidiana Traduction : Carmen Val Julian "Le Néant Quotidien", c'est avant tout une gifle magistrale, assenée par la narratrice sur le visage d'un lecteur qu'une regrettable candeur inviterait à considérer encore Cuba et le régime castriste la première comme le Paradis sur la Terre et le second comme une noble assemblée de séraphins réunis pour assurer un bonheur parfait à ceux qui peuplent ce nouvel Eden. La première - comme la dernière - phrase du livre n'est-elle pas d'ailleurs : "Elle vient d'une île qui avait voulu construire le paradis" ? A sa naissance, le 1er mai 1959, la narratrice a reçu de ses parents, éblouis par les beaux discours de Castro autant que par cette aura unique qui ne cessera d'entourer son compagnon, "Che" Guevara, le curieux et redondant prénom de "Patria." Les premières douleurs prirent la mère de Patria dans la foule, alors qu'elle s'était déplacée de la Vieille Havane jusqu'à la place de la Révolution pour écouter s'exprimer Fidel Castro. Alors qu'on l'emportait pour la conduire à l'hôpital, elle passa devant la tribune et le Che en personne déposa sur son ventre le drapeau cubain. Belle, très belle histoire qui aurait dû faire de la petite Patria une adepte pure et dure de Castro. Hélas ! entre sa naissance et le moment où, jeune femme, elle prend la plume pour nous décrire son quotidien (les problèmes pour se nourrir suite au blocus imposé à l'île par les USA, les problèmes de ravitaillement en eau et en électricité, bref, la misère sans espoir qui s'étale sur Cuba tout entière et que l'on ne peut nommer sous peine de se voir rangé parmi les traîtres et autres ... "fascistes" Wink ), trop de choses sont venues bloquer la voie royale qui paraissait s'ouvrir, en 1959, devant les communistes cubains. Et puis, le Che est mort - et c'est comme s'il avait emporté dans sa tombe l'auréole de son ancien compère qui l'avait, il est vrai, peut-être trahi ... D'ailleurs, Patria ne veut plus qu'on l'appelle Patria : elle s'est rebaptisée Yocandra. C'est donc Yocandra qui nous décrit ses amours entre le Traître et le Nihiliste, son amitié pour la Gusana (surnom ici affectueux et qui vient de "gusano", ver ou moins-que-rien, nom donné par les castristes aux exilés volontaires qui vilipendent le régime en place) enfuie en Europe après avoir épousé un vieil Espagnol et ce vide terrible qui paralyse depuis tant d'années son pays natal. Rien, il n'y a rien à Cuba, semble nous dire ce très court roman (142 pages chez Actes Sud ancienne édition). Sinon les erzatz de nourriture, les faux-semblants, la souffrance et la peur. Et l'on pourrait dire de l'espoir que lui aussi s'est exilé depuis longtemps s'il ne demeurait malgré tout au coeur de l'être humain. Un texte superbe et lancinant, qui révèle une puissante nature d'écrivain et qui ne peut qu'inciter à lire d'autres oeuvres de Zoé Valdès. ;o) + Lire la suite