La Confusion des sentiments


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La Confusion des sentiments - À l'occasion de son soixantième anniversaire, R. de D., professeur de philologie, reçoit de la part de ses élèves et collègues un livre d'hommage, relation a priori exhaustive de l'intégralité de ses œuvres, articles et discours. Il y manque pourtant la clé de voûte de son parcours intellectuel, l'événement de sa jeunesse qu'il garde secrètement enfoui au plus profond de lui-même : la rencontre décisive d'un homme, un professeur, qui a naguère suscité en lui enthous...

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Détails La Confusion des sentiments

Le Titre Du LivreLa Confusion des sentiments
AuteurStefan Zweig
ISBN-102253061433
EditeurLe Livre de Poche
Catégoriesrécits
Évaluation du client4.18 étoiles sur 5 de 1862 Commentaires client
Nom de fichierla-confusion-des-sentiments.pdf
La taille du fichier18.61 MB


02 septembre 2012
Oeuvre subtile, oeuvre forte, oeuvre minutieuse comme une dentelle d'Alençon, La Confusion Des Sentiments ne manquera pas de laisser une troublante impression envers tout lecteur disposé à se laisser mener sur les bancs de la passion à l'âge de la fac (ou sur les bancs de la fac à l'âge de la passion, au choix). Quiconque a déjà connu une attraction magnétique vis-à-vis d'un être jugé supérieur se reconnaîtra dans le jeune Roland, lui, littéralement happé, aspiré comme un noctambule papillon par l'éclat phosphorescent de son professeur, son mentor et maître, manière de Pygmalion de la littérature. Stefan Zweig a l'art d'évoquer des sujets, a priori, assez racoleurs ou qui peuvent sembler faciles ou usés, comme la débauche, l'éveil d'une relation amoureuse ou l'homosexualité avec un tact et une pudeur hors normes, ce qui en fait un grand orfèvre en la matière et justifie pleinement son renom. Roland, jeune étudiant originaire du nord de l'Allemagne consume son existence à l'université de Berlin dans une vie d'excentricités et d'errements variés jusqu'au jour où son père, qui le croit studieux, le surprend en pleine débauche. L'électrochoc est tel pour les deux, qu'ils décident conjointement qu'il convient mieux à Roland d'étudier dans une petite ville universitaire qu'auprès des tentations et dépravations de la capitale. Le jeune homme, muni d'une toute nouvelle envie de se racheter, se lance avec frénésie dans les études. Son chemin croise celui d'un professeur de littérature anglophone particulièrement charismatique, passionné et passionnant. Magnétisé par ce tourbillon passionnel, Roland, dont la passion ne demandait qu'une cible pour se focaliser va se satelliser autour de cet homme et de sa vie de solitude. Bientôt familier et habitué du foyer, il y fait la connaissance de la jeune épouse de son maître. Mais derrière cet élan inconsidéré pour la dramaturgie anglaise du XVIIème siècle se cache des zones d'ombre et de mystère. Pourquoi cet homme est-il si solitaire, si isolé, même à l'université ? Pourquoi est-il si froid avec sa jeune et aimable épouse ? Pourquoi, par moments, s'absente-t-il inopinément pendant plusieurs jours ? Pourquoi sa femme comprend-elle si bien le trouble et les frustrations de Roland ? Pourquoi ce malaise au milieu de ce couple qu'il apprécie tant ? Pourquoi ses sentiments sont-ils si confus, si contradictoires, si constamment cahotés d'un pôle à l'autre ? Voilà ce que je me propose de vous laisser découvrir. En tout cas, ce petit roman est mon préféré de ceux que j'ai lus de Stefan Zweig. Je le place bien avant le Joueur D'Échecs ou Vingt-Quatre Heures de la Vie D'Une Femme, mais ceci n'est que mon avis, un parmi tellement d'autres, particulièrement confus qui plus est, c'est-à-dire, pas grand-chose. + Lire la suite

05 septembre 2016
Au soir de sa vie, l'universitaire Roland de d'se souvient d'un professeur de philologie qu'il a côtoyé lors de ses études dans une petite université allemande. Une rencontre qui avait été, pour le jeune étudiant qu'il était, déterminante. En effet, après des années de vie facile et de débordements, cet enseignant remarquable lui avait donné l'envie d'étudier lui faisant défaut, et transmis sa passion de Shakespeare. Mais l'attitude ambivalente de son maître avait ajouté, à ce goût pour les choses de l'esprit, une grande confusion des sentiments et un émoi amoureux inédit chez lui. Dans ce bref mais dense roman, les rapports maître-élève, le désir et les pulsions, les doutes, la passion, les difficultés d'une relation amoureuse entre hommes sont abordés avec une extrême délicatesse et une remarquable sensibilité. Une mise en scène des tourments affectifs et sensuels où, une fois de plus, on est émerveillé par la maîtrise du sujet, la pureté du style et la clarté de pensée de Stefan Zweig. + Lire la suite

02 septembre 2012
Soudain, je reculai effrayé. N'étaient-ce point des pas dans l'escalier ? Je me redressai pour mieux écouter. Et effectivement, il y avait là quelqu'un qui montait en tâtonnant, comme un aveugle, les marches de l'escalier, d'un pas prudent, hésitant et mal assuré : je connaissais ce gémissement et ce bruit sourd du bois sous les pieds ; ce pas-là ne pouvait se diriger que vers moi, uniquement vers moi, car personne n'habitait ici, sous le toit, sauf la vieille femme sourde qui dormait depuis longtemps et qui du reste ne recevait jamais personne. Était-ce mon maître ? Non, ce n'était pas son allure hâtive et saccadée ; ce pas hésitait et traînait lâchement (comme à l'instant même) sur chaque degré : un intrus, un criminel pouvait s'approcher ainsi, mais non un ami. J'écoutais avec une telle tension que mes oreilles bourdonnaient. Et brusquement, quelque chose de glacial monta le long de mes jambes nues. Voici que la serrure grinça légèrement : il devait déjà être contre la porte, cet hôte inquiétant. Un mince courant d'air sur mes orteils m'indiqua que la porte extérieure était ouverte. + Lire la suite