La Pitié dangereuse


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La Pitié dangereuse - A la veille de la Première Guerre mondiale, un jeune officier pauvre, en garnison dans une petite ville autrichienne, est pris de pitié pour une jeune infirme riche. De cette pitié dangereuse découlera l'amour fou que porte Edith de Kekesfalva au lieutenant Anton Hofmiller. Cet amour impossible finira tragiquement, dans l'évocation nostalgique d'une société bientôt condamnée par l'histoire.

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Détails La Pitié dangereuse

Le Titre Du LivreLa Pitié dangereuse
AuteurStefan Zweig
ISBN-102246087155
EditeurGrasset
Catégoriestragédie
Évaluation du client4.3 étoiles sur 5 de 633 Commentaires client
Nom de fichierla-pitié-dangereuse.pdf
La taille du fichier29.52 MB


05 janvier 2015
Quel sentiment honorable que la pitié, cette douce émotion qui nous pousse à nous soucier de notre prochain plus que de nous même ! Nul n'en doute, mais l'expérience à maintes fois prouver que toutes les démonstrations de pitié ne sont pas bénéfiques… Il existe deux sortes de pitié : la vraie, celle où l'on se donne entièrement à autrui et où on le soutient jusqu'aux limites de ses forces, et l'autre, celle sentimentale et vaniteuse où l'on ne fait preuve de compassion que pour le plaisir de se sentir grand et bienfaisant à ses propres yeux. Cette pitié-là n'est pas seulement inutile, elle peut aussi être terriblement néfaste, déjà pour l'hypocrite bienfaiteur, mais surtout pour les malheureux qui s'accrocheront bec et ongles à lui dans l'espoir d'obtenir quelques miettes supplémentaires de réconfort. C'est cette vérité acide que va apprendre un jeune officier autrichien à la veille de la première guerre mondiale. Lors d'une soirée chez un bourgeois aisé de la petite ville où il est cantonné, le lieutenant Anton Hofmiller blesse involontairement la fille de la maison, Edith, en lui proposant une danse. En effet, la jeune femme est paralysée et ne peut esquisser le moindre pas sans aide. La malheureuse fond en larme et Anton prend la fuite, affolé par sa bévue. Poussée par la culpabilité, il revient dès le lendemain présenter ses excuses à Edith. Cette première visite est rapidement suivie d'une autre, puis d'une autre, puis d'une autre. Rapidement, Anton devient un familier de la maison où il est accueilli avec de plus en plus de chaleur et de reconnaissance. Lui, qui n'a jamais connu la jouissance d'être nécessaire à autrui, éprouve un doux plaisir à répandre le bonheur autour de lui et s'émeut de la détresse de cette famille frappée si durement par le sort. Hélas, le jeune homme est faible et immature et il sous-estime la puissance de l'attachement que lui porte Edith. Une parole mal-interprétée, un petit mensonge arraché lors d'un accès de faiblesse et voici Anton engagé sur une voie aussi glissante que dangereuse… Bon sang, qu'est-ce qu'il m'aura énervée, ce petit imbécile d'Anton ! Mais s'il m'a agacée à ce point, c'est que son comportement est d'une justesse consternante. Racontée à la première personne par un narrateur vieilli et amèrement lucide, la dramatique aventure du jeune lieutenant éclaire d'une lumière froide et impitoyable nos plus sournoises faiblesses. On y est cruel, non par malfaisance ou par méchanceté, mais par mollesse et par lâcheté – traits de caractère que nous avons tous expérimentés à un moment ou l'autre de notre vie. le ton est donc dur, coupant, mais il n'est pas manichéen ou déshumanisé : Anton, c'est un peu nous, c'est un peu moi. On a envie de le gifler et mais on ne le comprend que trop bien en même temps. Les autres personnages sont construits avec la même finesse qui nous les fait prendre en compassion et nous irrite tour à tour, de la pauvre Edith, malade tyrannique et torturée, à son père, vieillard si obnubilé par la maladie de sa fille qu'il en devient par moment presque insupportable. le tout donne un très beau roman, alternant les passages émouvants et ceux subtilement angoissants. Brillant ! + Lire la suite

06 juin 2016
"Qu' allait-il faire dans cette galère ?", telle est la réplique qui nous obsède pendant toute la lecture du livre. Anton Hoffmiller, jeune lieutenant de l armée d Autriche, a commis une sacrée boulette chez ceux qu' il croit une aristocrate famille hongroise : il a invité la jeune héritière à danser alors qu' elle est paralysée, entrainant chez elle une crise d' hystérie. Extrêmement gêné, pris de pitié pour la pauvre enfant, il lui envoie des fleurs puis vient s excuser. On l accueille avec chaleur, on lui signifie son importance, on le flatte, lui seul sait redonner le sourire à Édith, lui seul la soulage, le papa lui baise les mains, on le couvre de cadeaux, de compliments, de bons repas ...Notre lieutenant ne se sent plus, c est beaucoup mieux que la caserne, il se sent reconnu, utile...Il ne voit rien du piège qui se referme autour de lui ...Car bientôt Édith en fait son alpha et son oméga, elle le veut, et papa ne veut rien lui refuser. le problème, c est qu'Anton ne veut plus. Il voulait juste aider, par compassion, rien d autre. Mais la passion d Édith, il n en veut pas, elle lui fait horreur, lui parait contre nature. Il recule, mais tous ceux qui s occupent d Édith lui mettent une pression quasi insoutenable. Le père fait son Priam devant Achille, à genoux et sanglotant, prends ma fille ou elle meurt et je meurs avec elle. Le docteur, j ai épousé une aveugle, ton devoir, c est de redonner espoir, tu dois rester auprès d Edithbou tu es un assassin. Tu seras un meurtrier. Et Édith, corps souffrant mais enfant ultra gâtée, qui le harcèle sans relâche. Mais d un vrai harcèlement je veux dire... Pauvre Anton. Comment peut-on il se sortir de ce guêpier tendu par un vieux filou, un médecin fanatique et une jeune fille complètement désaxée ? Ma vision est peut-être un peu plus cynique que ce que j ai lu dans les critiques, mais c est que j ai expérimenté les principes du harcèlement, de la culpabilisation, et que je les retrouve tels quels chez Édith, le docteur et le père. Anton se laisse piéger. Il est jeune, influençable et trop sensible. Il pense découvrir la pitié, et c est vrai, mais c est aussi l'orgueil qu on manipule chez lui, l envie de compter et d être quelqu'un. Cependant il n' est rien pour eux, juste un jouet qu on manipule sans se préoccuper un instant de ce qui il ressent. Un jouet qu'on peut casser et qui ne comprendra jamais que, dans cette affaire, c' était lui la victime. Et c est pour ça, je pense, sa colère impuissante, son dégoût choquant d'Edith, ses fuites, ses impulsions sadiques. Il ne peut s avouer clairement qu'il les hait tous. L enfer est pavé de bonnes intentions, mais aussi de mauvaises. Génial roman tres noir, à lire absolument. + Lire la suite

14 septembre 2015
Pas un instant l’idée ne m’avait effleuré que sous cette couverture qui l’enveloppait, respirait, sentait, attendait le corps nu d’une femme qui comme toutes les autres désirait et voulait être désirée. Jamais, avec mes vingt-cinq ans, je n’aurais pu imaginer que les disgraciées de la nature, les malades, les trop vieilles, les exclues elles aussi puissent oser aimer. Car un jeune homme inexpérimenté se représente presque toujours le monde d'après ses lectures ou des récits. Avant de vivre sa propre vie, son imagination travaille sur des images et des modèles étrangers. Dans les livres, les pièces de théâtre ou les films (où la réalité est représentée d'une façon souvent simpliste et superficielle) ce sont presque exclusivement les êtres jeunes, beaux, les élus, qui s'aiment. Aussi avais-je pensé (...) qu'il fallait être particulièrement séduisant, doué et favorisé par le sort pour attirer l'amour d'une femme. + Lire la suite