Garçon de quoi écrire


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3.61 étoiles sur 5 de 14 Commentaires client

Garçon de quoi écrire - Le soir venu, deux hommes parlent. Ils parlent de littérature d'abord, et aussi de politique et de morale. Le premier a connu plusieurs vies : il a été directeur du Figaro, il est journaliste, il est surtout romancier. Il met la littérature au-dessus de tout. Le second croit encore qu'on peut mener de front plusieurs existences, écrire et agir à la fois. Ils se sont rencontrés par hasard. Ils ont trouvé beaucoup de cho...

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Détails Garçon de quoi écrire

Le Titre Du LivreGarçon de quoi écrire
AuteurJean d`Ormesson
ISBN-102070384187
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.61 étoiles sur 5 de 14 Commentaires client
Nom de fichiergarçon-de-quoi-écrire.pdf
La taille du fichier22.88 MB


16 janvier 2018
J'ai dû me résigner à ranger ce livre parce qu'il est terminé, tout bonnement, et je regrette une compagnie de choix. A priori, des entretiens avec Jean d'Ormesson ne m'étaient pas destinés, au plan littéraire je jugeais le romancier léger (je n'en avais rien lu), l'essayiste un peu lisse et idéologiquement je n'ai pas de penchant gaulliste. Alors pourquoi ce livre? Sans doute parce que Bernard Pivot l'a discrètement pointé dans la Grande Librairie en décembre dernier. Parce qu'il s'agit d'un ouvrage déjà ancien (1989) : l'homme s'y contredit-il ? Et puis Jean d'Ormesson à l'oral ne saurait laisser indifférent : il est convaincant médiatiquement et sa parole est franche. "Parmi les romanciers, il y a ceux qui nous croient à jamais sortis du paradis perdu, et ceux qui voient partout, au même instant, le paradis et l'enfer. D'Ormesson appartient à la seconde catégorie. Et, si son paradis et son enfer, curieusement, apparaissent supportables, c'est sans doute que cet écrivain français craint de ne pouvoir désarmer toutes les préventions du monde. Ainsi se retient-il devant l'horreur comme devant le salut." , ècrit François Sureau en préface. Car d'Ormesson est toujours dans la nuance, souvent dans la retenue, parfois par simple politesse : "je ne suis pas modérément modéré", dit-il. Ceci ne doit pas voiler l'intelligence, des prises de position nettes maintenues et s'il s'est dispersé par facilité, par nonchalance, voire par goût des plaisirs mondains, son parcours est estimable. Le contenu des entretiens est déterminé par les grandes périodes de la vie de l'homme : les études et les hésitations d'une jeunesse favorisée (son père était diplomate), la guerre, la déception de Vichy et puis De Gaulle, la direction du Figaro, la littérature et l'écriture tardive, l'approche d'auteurs tels que Berl, Aragon, Morand, Malraux, Montherlant et de penseurs tels que Sartre et Aron et de grands noms comme Pompidou, Agnelli. Une ou deux générations avant la mienne, avec des noms qui remuaient la presse culturelle au siècle dernier. Jean d'Ormesson n'aime pas creuser les sujets, il n'est ni complexe, ni très profond, de nature et par choix et il pense que "la limitation donne beaucoup de force à une intelligence". A contrario de ce que l'on dit aujourd'hui du président Macron, dont la pensée serait trop complexe pour s'accommoder des entretiens de presse à l'Élysée, les idées dégagées de l'académicin pince-sans-rire siéent à la conversation : "J'imagine qu'on pourrait dire de moi : il a fait, de l'art de parler pour ne rien dire, un des beaux-arts." À cet égard, à François Sureau qui lui rappelait que pour parler de soi, les Mémoires ou le Journal peuvent se trouver justifiés par leur caractère d'oeuvre d'art, D Ormesson rétorque "une attitude rigoureuse devrait nous interdire de publier ce dialogue, qui a toutes les raisons de ne jamais atteindre à cette dignité". La conversation est cependant loin d'être creuse. Au crédit du recueil, Sureau ne ménage pas l'écrivain qui avouera au terme qu'il a eu à plusieurs reprises l'envie de partir. Un dissentiment (courtois) des deux hommes à propos de Marguerite Yourcenar les tient un moment au point que la mentionnant à nouveau plus loin – on imagine les yeux étincelants pointer son interlocuteur – D Ormesson étonné s'exclame : "Vous ne dites rien ?". À propos de la première femme académicienne, D Ormesson la rejoint sur la notion d'humanisme (peut-être pas pour les mêmes raisons) : "Je ne crois pas que l'homme soit la mesure de toute chose. [...]. Rien de plus sot qu'un humanisme qui fait de l'homme le centre et le but d'un univers qu'il ne comprend pas". Des réflexions sur la promesse, le temps et la fidélité : "peut-on être infidèle à soi-même au point de préférer ce qu'on était hier à ce qu'on est aujourd'hui ?" La déraison des raisonneurs : "On réduit le monde à deux équations, à trois formules, à un beau raisonnement. Puis on conforme sa conduite à ce raisonnement. Sans approximation et même, peut-être, sans lâcheté. Et on s'étonne quand tout finit en catastrophe." L'Académie française : "... une institution sociale, avec une fonction plus symbolique que réelle. Je serais tenté de dire qu'elle n'est que cela." Et lorsque cet amoureux de littérature rappelle que tel et tel ont écrit de "merveilleuses pages", allez-y lire, qu'il s'agisse de Paul Morand ou de Robert Brasillach. Je pourrais évoquer longuement tout ce qui m'a accroché dans ce livre (400 pages Folio), l'embarras du choix me contraint de limiter l'article. [...]. [Article complet sur le blog] Lien : https://christianwery.blogsp.. + Lire la suite

23 février 2018
On a souvent répété que la liberté et l'égalité étaient contradictoires, et que le goût de l'égalité aboutissait à limiter les libertés. C'est parfois vrai, mais le danger inverse me paraît tout aussi sérieux : lorsque la liberté est totale, les personnes étant naturellement inégales en force, en malice, ou en talent, seul le plus petit nombre des plus forts vit réellement libre. Autant dire que la liberté disparaît - c'est ce que Karl Popper appelle le paradoxe de la liberté illimitée. Ramenais ne disait rien de très différent. Au contraire, quand l'égalité est assurée de l'extérieur, la liberté de tous est davantage préservée. Or qu'est-ce qui peut assurer l'égalité, sinon l'Etat ? + Lire la suite

08 décembre 2017
Vous savez, un Dieu, je crois qu’il y en a un, mais qu’il ne s’attarde pas à porter des jugements littéraires ; et même qu’il se moque de la littérature. Comme l’exprime le mot foudroyant de Pascal, c’est d’un autre ordre. Si vous retirez l’auteur, et si vous retirez Dieu, il reste les lecteurs. Il n’y a pas d’autre juge que les lecteurs. Alors, la grand faute, c’est de se dire : « Je veux mes lecteurs tout de suite », parce que celui qui veut ses lecteurs tout de suite, hélas, sa prière risque d’être exaucée : comme dit sainte Thérèse d’Avila, bien des larmes seront versées pour des prières exaucées. Une chose est sûre : le grand écrivain n’est pas celui qui a le plus de lecteurs. Et une autre chose aussi est sûre : il ne faut pas écrire en pensant à ses lecteurs. Il faut bien en avoir, rien n’a de sens sans eux, et pourtant on n’écrit pas pour eux. Il faut les conquérir, et non pas les rechercher. Il faut savoir aussi écrire contre les lecteurs. + Lire la suite